Combien de gens reste-t-il qui ne soient ni enfermés, ni chargés de surveiller la porte ?
publié le 10 mai 2014 par / Temps de lecture estimé : 2 mn |« Les simples d’esprit ont été les premiers à se faire enfermer. Maintenant , ils ont des camps pour les enfants dont les parents sont partis, des camps pour les agités qui ont l’écume aux lèvres, des camps pour les gens qui ont de grosses têtes et pour ceux qui ont de petites têtes, des camps pour les gens sans moyens de subsistance apparents, des camps pour les gens qu’ils trouvent installés dans les déversoirs d’orage, des camps pour les filles des rues, des camps pour les gens qui ne savent pas combien font deux et deux, des camps pour les gens qui ont oublié leurs papiers à la maison, des camps pour les gens qui vivent dans les montagnes et font sauter les ponts la nuit. Peut-être, en vérité, est-ce suffisant d’avoir échappé aux caps, de n’être dans aucun de tous ces camps. Peut-être cela représente-t-il, pour le moment une réussite suffisante. Combien de gens reste-t-il qui ne soient ni enfermés, ni chargés de surveiller la porte ? j’ai échappé aux camps ; si je fais attention à ne
pas trop me montrer, peut-être que j’échapperai aussi à la charité ». (J :J : Coetzee, 1985, p.215 Michel. K).

