Nuit contre les enfermements

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La genèse de la peine 18h-20h

1. Au commencement il n’y avait que la terre et les cieux.
2. La terre était informe et vide : il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme.
3. L’État dit : que la prison soit, et la prison fut.

Premier livre de la fin.

La prison semble exister de toute éternité. Or elle a une histoire, elle ne s’est pas érigée en outil d’une nouvelle façon de punir, synonyme de notre modernité, toute seule. Il a fallu la bâtir, pierre par pierre, sur une économie, un pouvoir politique, une philosophie de l’humain et de la Société. Alors depuis quand existe-elle ? Pourquoi l’a-t-on promeut ? Qu’elles sont ses évolutions depuis deux siècles ? Et surtout, qu’est ce que cela dit sur nous ?

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  • 00:00:00 - 00:01:25 : Générique Bruits de tôles.
  • Musique : Moustaki, Sans la nommer.
  • 00:01:25 - 00:32:44 : La prison au XIX°siècle : les origines matérielles de l’institution.
  • Musique : Nina Simone, Ain’t Got No.
  • 00:36:45 - 00:56:27 : La prison au XIX° siècle : les origines philosophiques de l’institution.
  • Musique : L’1consolable, De quoi on parle ?
  • 01:01:11 - 01:25:14 : La prison au XX° et XXI° siècles : l’évolution de la répression.
  • Musique : La Rumeur, L’angle mort.
  • 01:29:36 - 01:52:24 : La prison au XX° et XXI° siècles : une répression ciblée.
  • Fiction radiophonique : Bilal.

La vie à l’ombre 20h-22h

A force d’humiliations, de brutalité, d’inactivité et d’inutilité, tu n’as plus de notion du bien, du mal, du jour ni de la nuit, tu n’as plus d’espoir . . . La prison t’a bouffé.

Gabriel Mouesca.

Comment vit-on la prison ? Peut-on vivre en prison ? L’enfermement n’est-il pas plutôt une multiplication de petits morceaux de morts lentes, toutes singulières, certaines spectaculaires, d’autres silencieuses ? Il faut donc fouiller pour retrouver chaque morceaux et recomposer la fresque des quotidiens carcéraux. Nous nous efforçons de la mettre en lumière par le son.

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  • 00:00:00 - 00:19:03 : Le travail en prison.
  • Musique : Casey, Purger ma peine.
  • 00:25:28 - 00:46:11 : Inactivité et "prison 4 étoiles".
  • Musique : Modena City Ramblers, Bella Ciao.
  • 00:50:39 - 01:17:24 : Santé physique et psychique en détention.
  • Musique : Keny Arkana, La Rage.
  • 01:21:16- 01:53:12 : Les fermes de Moyembrie et de Lespinassière... des alternatives au système carcéral ?

D’autres murs 22h-00h

Quoi d’étonnant si la prison ressemble aux usines, aux écoles, aux casernes, aux hôpitaux, qui tous ressemblent aux prisons ?

Michel Foucault.

L’enfermement est le signe de notre modernité. Il se décline sous toutes les formes. Murs aseptisés des hôpitaux psychiatriques, murs colorés des écoles, murs grillagés des centres de rétentions administratives. Chacun retire à notre vu celles et ceux que l’on souhaite mater, déporter, discipliner, éduquer . . . L’enfermement c’est l’art de la disparition sous toutes ses formes. Des univers de rien. Ça n’est pas pour autant qu’il n’y a rien à en dire, bien au contraire.

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  • 00:00:00 - : 00:14:38 : Une traversée des couloirs de la prison.
  • Musique : Sheila, L’École est finie.
  • 00:17:25 - 01:09:07 : L’École.
  • Musique : MAP, La chasse est ouverte.
  • 01:13:05 - 01:40:19 : Les Centres de Rétention Administratif (CRA).
  • Musique : Hugo TSR, Eldorado.
  • 01:43:16 - 02:07:15  : Le Dispositif Départemental d’Accueil d’Évaluation et d’Orientation des Mineurs Isolés Étrangers (DDAEOMIE) de Toulouse.
  • Musique : Jo Le Phéno, La Bavure.

De la prison à la révolte 00h-02h

Nous tisserons
Le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde.

Le Chant des Canuts.

La prison c’est aussi une histoire de luttes. De luttes de prisonnier·e·s qui contestent l’arbitraire pénitentiaire, leurs conditions de vies inhumaine ou la prison elle-même. Grèves, refus de remonter de promenade, incendies . . . c’est l’histoire de la prison qui devient un combat. Un combat pour celles et ceux à l’extérieur, familles ou militant·e·s de tous poils, qui souhaitent faire changer les choses . . . ou abattre les murs. Mais l’histoire de la lutte va de paire avec une histoire de la répression. Toujours plus raffinée et efficace, elle rend impérieux le renouvellement des formes de luttes anti-carcérales. Par ce que des deux cotés du mur, ce sont celles et ceux qui luttent qui vivent.

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  • 00:00:00 - 00:22:15 : Retour sur l’affaire Traoré et les victimes des violences du racisme d’Etat avec le Collectif Vérité et Justice 31.
  • 00:22:16 - 00:34:47 : Changer la taule, petites et grande histoire des luttes de l’intérieur.
  • Musique : Bérurier Noir, Sur les toits.
  • 00:36:50 - 01:13:01 : Les formes de luttes entre les murs, seul·le ou collectives.
  • Musique : Tracy Chapman, Talkin’ bout Revolution.
  • 01:15:36 - 01:30:10 : Les formes de luttes en dehors des murs, entre luttes populaires et combats d’expert·e·s.
  • Musique : Vîrus, Bonne nouvelle.
  • 01:34:36 - 01:57:58 : En prison, répression partout.
  • Musique : Archie Shepp, Attica Blues.
  • 02:02:46 - 02:17:23 : Interview de Serge Livrozet (Extrait du film documentaire Sur les Toits).
  • Musique : Archie Shepp, Blues for brother jackson.

L’enfermement, no futur 02h-04h


Dehors, l’ordre règne par le renoncement. Des milliers de petits renoncements à être vraiment libre.

Jean-Marc Rouillan.

Comment en finir avec l’enfermement ? Peut-on en finir ? Déjà, éviter l’écueil de construire nos luttes sur les seules conditions d’enfermement. A réformer le système on le rend plus fort. Mais sans oublier l’urgence de la solidarité. Aïe. Ensuite, ne pas rétrécir notre regard en fixant toujours le point le plus haut de l’enceinte, les sources de l’horreur carcérale ne sont pas enfermées entre ces murs. Mais sans tomber dans un flou stérile. Aïe. Enfin, faire du politique autrement, de proche en proche, pour créer du collectif où l’on s’organise pour résoudre autrement les conflits. Mais sans croire qu’on peut faire l’économie des révolutions personnelles et collectives nécessaire pour y parvenir. Aïe ?

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  • 00:00:00 - 00:11:55 : Entretiens avec Charlie Bauer.
  • 00:11:56 - 00:35:15 : Dessine moi un abolitionniste.
  • Musique : Bérurier Noir, Baston.
  • 00:37:23 - 01:06:02 : Peut-on justifier l’abolition de la prison par la critique des conditions de détentions ?
  • Musique : Les amis de ta femme, Cayenne.
  • 01:11:10 - 01:39:54 : Peut on abolir le système pénal ? Esquisses de réflexions sur des formes alternatives de régulations collectives des conflits.
  • Musique : Lunatic, La lettre.
  • 01:44:38 - 01:54:58 : Quels changements sociaux sont nécessaires pour réaliser l’abolition du système pénal actuel ? Esquisses de réflexions sur la fin d’un monde.

Bonus : “ça ne valait pas la peine, mais ça valait le coup” 04h-06h

La prison jette désormais une ombre menaçante sur notre société, à un degré inédit dans notre histoire ou celle de n’importe quelle démocratie industrielle. En l’absence de grands conflits armés, l’incarcération de masse constitue le programme social le plus assidûment appliqué par les gouvernements de notre époque.

Angela Davis.

Hafed Benotman nous a quittés en février 2015. Entre 1976 et 2007, il avait passé dix-sept ans en prison. Il était aussi un auteur talentueux de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de chansons qui ont toujours eu comme sujet l’opposition viscérale à toutes les formes d’enfermement. En 2001, il participe à la création de L’Envolée, un journal et une émission de radio, dont le but est aujourd’hui encore la critique et le combat contre la justice et la prison. Florilège de quelques-unes de ses interventions radiophoniques dans l’émission hebdomadaire de L’Envolée.

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Bibliographie

  • Pourquoi faudrait il punir ?, Catherine Baker.
  • Traité des délits et des peines, Cesaria Becaria.
  • Pour en finir avec les prisons, Alain Brossat.
  • La prison est elle obsolète ?, Angela Davis.
  • Les goulags de la démocratie, Angela Davis.
  • A l’ombre du monde, Didier Fassin.
  • Surveiller et Punir, Michel Foucault.
  • Dans la peau d’un maton, Arthur Frayer.
  • Prisonniers en révolte, Anne Guérin.
  • La nuque raide, Gabriel Mouesca.
  • Autopsie du dehors, Jean Marc Rouillan.
  • Chronique Carcérale, Jean-Marc Rouillan.