//brasero// Habiter : coopérative, propriété collective et lutte des classes

lundi 24 septembre 2018 par Brasero |

Au départ de cette émission il y a la découverte de FUCVAM Fédération Uruguayenne d’Habitat coopératif par aide Mutuel. Et puis il y a aussi, une réflexion de longue date sur la ville. Penser la ville ne peut pas se faire sans réfléchir un minimum la question du logement, de comment on s’abrite mais pas seulement comment on habite un territoire. Comment un espace donné fait de relation, d’échanges, de circulation devient propre, devient familier, nous protège et pas seulement des intempéries.
Comment on fabrique ces territoires ? Comment peut-on penser à la fois la question du logement et de l’habiter ?

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Penser séparément le logement de l’habiter revient à demander un toit. Il faut répondre à un besoin, palier à la « crise du logement ».
On doit produire des logements en masse pour justement loger les masses. Le logement est une marchandise, on peut étudier son financement, sa production, son accès, ou pas… Marchandise, le logement à un prix, une rentabilité… Nous avons aujourd’hui l’habitude de penser séparément le logement et tout le reste. Pourtant c’est une invention du capitalisme industriel, sommes toutes pas si anciens.
Jusqu’alors, “habiter”, c’était participer à une vie sociale, à une communauté, village ou ville. La création de la « banlieue », dans le cours du 19ème siècle, est le résultat de ce détachement de la fonction de l’habitat du complexe de l’habiter. On sépare le logement et la ville. On Stock les prolétaires beaucoup plus que ceux-ci trouvent à habiter… Bien sûr il y aura ici où là des projets plus totalisant où l’ensemble de la vie sociale doit être pris en charge dans la construction : les phalanstères d’inspiration fouriériste des entreprises Godin par exemple… Le paternalisme bourgeois tente de faire le bien et utilise le logement comme un vecteur de moralisation. La planification du bonheur sans, et souvent contre, les personnes concernées n’a pas fini de faire rêver les architectes et les urbanistes qui, de cité radieuse en éco quartier, design des modes de vie à vendre. Les grands ensembles ont été le paroxysme d’un habitat vidé de toute réalité urbaine, construit en plein champs, les gestionnaires penser pouvoir faire pousser de la vie. Ils n’ont fait qu’instaurer l’habitat à l’état pur, somme de contraintes. Rendant impossible l’appropriation par les groupes et individus de leurs conditions d’existence. Il n’est pas question de forme d’architecture, ce n’est pas la faute au béton, et la destruction des barres n’y changera rien. C’est l’organisation du logement en marchandise qui est à la source du problème.
Si vous avez de quoi payer vous trouverez votre samesuffit. Si vous n’êtes pas victime du racisme ce sera aussi plus facile… En fait la structure sociale entière se projette dans ce problème. Comment faire pour résoudre à la fois la question de l’habitat, d’avoir un toit sur la tête, et de l’habiter, un réseau cohérent de solidarité et d’entraide ?
FUCVAM est une réponse à cette question. Un réseau de coopérative qui va prendre forme au début des années 70, Le principe est simple s’associer entre travailleurs pour accéder au logement. Ce qui va faire la particularité de ce réseau c’est d’une part le projet d’autogestion, la place de chacun et de chacune de la conception à la construction, et d’autre part la propriété collective. Les familles sont « usagères » du bien mais pas propriétaire… Des éléments qui changent considérablement la donne en enracinant la question du logement dans une dimension plus générale du « conflit de classe » comme vous l’entendrez dans le reportage qui suit. Vous entendrez deux coopérativiste, Gustavo Gonzalez et Sebastian Oliveira et un géographe Jeronimo Diaz qui travaille avec des coopératives d’habitat en Amérique Latine.
Pour faire contraste nous écouterons aussi un montage aussi sidérant que malhonnête, la juxtaposition de deux discours… un architecte urbaniste qui, dans les années 70, s’extasie de son propre travaille de planification manipulatoire et une habitante de ce genre de projet. On passe de la grande borne au Mirail parce qu’il ne s’agit pas du problème d’un concepteur ou d’un quartier…

Merci à Cé et Chicco pour avoir prêté leur voix à la traduction.
Vous entendrez Daniel Viglietti, construcción ; German Coppini, las cajitas et Santclaus, j’habite un cube.

Et n’oubliez pas pour que toutes ces paroles ne restent pas lettres mortes allez donc un peu à la manifestation contre TESO le samedi 13 octobre.
Un spot d’annonce de la manifestation :

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