EXPO d’XP EXCEPTIONNELLE

publié le 5 mars, par fabien |

Pas de vernissage le premier vendredi, mais le treizième

Vernissage vendredi 13 à 19h00


NOTE D’INTENTION :

ÉMANATIONS D’AURAS

"Nouspourrions définir l’aura comme l’apparition unique d’un lointain aussi proche soit-il. " Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique.

« Émanations d’auras » est le titre de la série de photographies présentée dans cette exposition. Elles ont été crées en collaboration avec Charlotte Comte. S’y sont ajoutées des installations et une vidéo. Toutes ces œuvres ont un rapport avec le concept d’aura d’une œuvre d’art défini par Walter Benjamin. Je vous propose donc la lecture d’un texte présentant la démarche conceptuelle sous-tendant cette série de photographies.

L’idée originale de cette série de photographies est assez simple : mettre en scène des tableaux de XP, coauteur de la série, afin de réfléchir à l’ « aura » de ces œuvres et des photographies les représentant. En présentant une peinture hors de son contexte traditionnel d’exposition - sur un mur blanc avec un cartel à ses côtés - une réification du tableau s’opère. En effet, la perspective et le décor inhabituel le font apparaître comme un objet. Les éléments matériels le composant, une toile tendue sur un châssis par des clous, sont mis en exergue. Dès lors, une perte de l’aura peut avoir lieu ; le tableau n’est plus qu’un élément prenant part à la composition d’une nouvelle œuvre, la photographie elle-même. Paradoxalement ceci crée un nouvel objet d’art, une sorte de ready-made fait à partir non pas d’un objetmanufacturé mais d’une œuvre d’art à part entière dépossédée de ce statut. Pourtant cette scénographie peut avoir un effet tout autre. La distanciation créée par la photographie donne au tableau un caractère plus mystérieux. Il est perçu sous un angle déformé, sa taille réduite par rapport à l’original rend sa vision mal aisée. Ce manque d’accessibilité met d’autant plus l’accent sur le « hic et nunc » [l’ici et le maintenant] – l’unicité de son existence au lieu où elle se trouve1 - constitutif de l’aura d’une œuvre d’art. Le fait de l’évacuer au moyen d’une photographie semble donner une nouvelle aura aux peintures ainsi présentées, un sentiment diffus de lointain et d’irréalité pouvant apparaître chez le spectateur. Toutefois la présence d’une représentation artistique dans la photographie peut faire oublier la photographie elle-même en tant qu’œuvre. Elle peut être perçue comme le moyen technique permettant de témoigner d’une sorte de performance dans l’espace public. Pourtant c’est elle qui sera présentée de façon traditionnelle, dans un cadre accroché à plat sur un mur. On pourrait évoquer la perte d’aura de la photographie du fait de sa reproductibilité technique chère à Walter Benjamin. Il s’agit ici de photographies exposées dans un espace dédié à cet effet, non reproduites à grande échelle, garantissant ainsi le hic et nunc propre à engendrer une aura. Cette dernière serait donc possiblement présente mais le spectateur aura-t-il l’envie de regarder la photographie pour elle-même ? Se fera-t-il happer dans cet emboîtement d’œuvres, ayant pour extrémités des photographies, les tableaux étant eux-même construits à partir de photographies ? Enfin, cette mise en abîme du concept d’aura ne permet-elle pas de révéler que celle-ci ne peut apparaître sans l’apport d’un contexte extérieur à l’art ?

1Walter Benjamin, L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique.





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