//brasero// Porque el corazón no quiere #2 Faire avec

lundi 4 février 2019 par Brasero |

Porque el corazón no quiere… hériter du politique, enfants de militant.es latino-américain.es en exil. Cette série documentaire fait se croiser, se recouper, les témoignages de 6 personnes, aux histoires et aux vies assez différentes... mais qui ont en commun d’être nées en pleine dictature militaire, en Amérique latine, ou nées déjà en exil, entre les années 70 et 80. Leurs parents prenaient part aux luttes politiques et sociales du moment, impliquées dans des organisations bien différentes mais qui avaient un ennemi commun de taille : des juntes militaires, décidées à mettre en place une nouvelle phase du capitalisme, le modèle néolibéral, à coup de mort et de terreur appliquées par l’Etat.

Volet 2 –Faire avec
De cette histoire, de résistances et de répressions, qu’est-ce qui est dit, raconté, gardé sous silence ? Quelles traces elle laisse chez nous et chez les parents. Ce volet parle de transmissions, plus ou moins heureuses, plus ou moins volontaires ; de la violence qui suinte, en sourdine ou en éclats ; du rapport au bled ; de la rage ; des coupures ou des liens cousus à cette histoire.
Les marques sont profondes et il nous faut faire avec, avec ceux et celles qui sont resté.es, celles et ceux qui sont parti.es…

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Le titre de cette série est un emprunt à une chanson, une ritournelle qui nous accompagne depuis quelques années et qui marque un peu le début de ce travail. La chanson dit : porque el corazón no quiere entonar mas retiradas… le cœur ne veux plus entonner de chants d’adieux. Elle dit même : "Battons les tambours de l’espoir muchachos, que ce battement impulse notre sang, pour que celui-ci n’oublie jamais sa direction, parce que le cœur ne veux plus entonner de chants d’adieux. "
C’est un chant d’espoir, de persévérance… Plus d’adieux, plus de mort, plus de départ… et une direction, un sens à prendre, qui coulerait dans nos veines.
Je suis née à Lyon, durant l’exil de mes parents qui débarquaient d’Argentine…Et presque 40 ans plus tard, ce genre de chanson prend aux tripes, serre la gorge, impulse un mouvement, fait frémir la mémoire.

A l’époque, militer c’était se mettre en danger, et nos parents l’ont fait. Et ils et elles ont fini par partir, emmenant leurs enfants au loin. L’air qu’iels respiraient était rouge, ou noir, iels ont pris ou pas les armes, étaient plus ou moins clandestin.es, iels étaient convaincu.es que le grand soir approchait, ou pas. Nos vieux sont partis, en sachant qu’à la maison, pendant ce temps, les camarades tombaient. Incarcération, torture, assassinat, disparitions… Nous sommes enfants de ce départ et c’est ce bout d’histoire qu’on va tenter de raconter.

Crédits :
Madre dejame luchar de Ali primera
Puerto Montt de Victor Jara
El candombe de mucho palo de Jorge Do Prado
Le poème « te recuerdo Amanda » est signé par Mariela et se trouve au musée de la mémoire de Montevideo
A redoblar, du goupe Rumbo
Un grand merci à Paulina, Demeterio, Elsa, Emiliano, José et Américo
À Alfonsina, Jota, Mathéo et à toute l’équipe de Brasero

Pour écouter les autres volets :

#1 Partir

#3 Hériter du politique




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