OCCUPER LA NUIT DU 7 AU 12 SEPTEMBRE 26
publié le 6 septembre, par / Temps de lecture estimé : 1 mn /
TOUS LES JOURS UNE HEURE À UNE HEURE
En novembre 2025, en Cisjordanie occupée, six enfants de 14, 15 ou 16 ans ont été tués par l’armée israélienne avant que leurs corps soient confisqués. Leurs familles ignorent où ils se trouvent, et quand elles pourront les enterrer. Depuis des décennies, Israël confisque les dépouilles pour s’assurer une monnaie d’échange dans les négociations.
Tous les textes en italique sont tiré de ce recueil
MOURIR NE SUFFIT PLUS
S’il est écrit que je dois mourir
Alors que ma mort apporte l’espoir
Que ma mort devienne une histoire
LUNDI
Nous ne sommes plus assassinés au moment où le monde dort
Le monde est tout à fait éveillé : il chante, il danse
Certains lisent nos nouvelles, celles qu’ils peuvent supporter
Certains autres, moins nombreux, manifestent, quand ils ont le temps
Et notre monde arabe, sur des chardons ardents
Attend que les Mille et Une Nuits se terminent
Que tu puisses t’en sortir seule, Gaza
En « contant » les milliers de victimes...
MARDI
En attendant l’ouvrture du bazar littéraire de René, une évocation de Tarkos
MERCREDI
Anthologie de musique chinoise expérimentale
Mohammad
Il veut juste rentrer à la maison
Sans bicyclette sans chemise neuve
Retrouver les bancs de l’école
Le cahier de grammaire et de conjugaison
Ramène-moi chez nous, père
Pour que je fasse mes devoirs
Pour que j’aille au bout de ma vie,
Tout doucement, tout doucement
Sous les palmiers, sur cette plage
Pas davantage,
Pas davantage
JEUDI
Poésie d’un soir
Ici les idées naissent libres autour des fleurs de grenade
Dans les cellules toute pensée est enterrée
Ici à tous les coins de rue il y a un geôlier
Qui a ingéré les os des jeunes, et leur vie
Et jusqu’aux tresses de leurs maîtresses
À quoi sert de parler
Tout ici est sous les semelles du bourreau
Lève-toi, Handhala.
Ne reste pas ainsi,
De dos, les mains croisées derrière toi
Sois notre nouveau visage
VENDREDI
LIvre territoire Germain
Je vis ce génocide à travers l’imaginaire de trois enfants
Le premier se cachait sous les draps
En disant je voudrais être un fantôme
Pour que les avions ne me voient pas
Le deuxième disait, du fracas des navires de guerre
C’est la voix de la pieuvre dans la mer
Et le troisième, une petite fille : je voudrais être une tortue
Pour cacher tout le monde
Sous ma carapace
