Quand je mange une biscotte bien croustillante, j’entends moins bien la radio.

publié le 11 juin, par bidonfumant |

Julia et Séréna Naudin ont la tristesse de vous annoncer le décès de
Jacqueline WEYL
née le 7 septembre 1946 à Toulouse.
Elle s’est éteinte le 17 avril 2022, à Nantes.
Ses cendres ont été dispersées au milieu des arbres et des fleurs, comme elle le souhaitait.

Les nouvelles vont sans doute très vite aujourd’hui mais pas pour les choses importantes.
Même si cela faisait plus de 20 ans qu’elle avait quitté canal sud et Toulouse pour des raisons de santé, elle reste un maillon important de l’histoire de canal sud, et de la transition entre Barbe Rouge et Canal sud.
L’idée de force de Jacqueline était que les radios associatives se devaient d’être de la même qualité que les radios autres, tout en défendant son engagement militant.
Pour moi, Jacqueline Weyl fut d’abord une voix de celles que l’on dit radiophoniques, posée, claire, précise, acerbe, parfois mais, toujours juste.
Puis une gestionnaire rigoureuse qui posait avec d’autres ( Gérard, Jacqueline, Roselyne, Blandine, Chantal, Jean-Luc, Patrick, des prénoms du milieu du siècle précédent) les bases de ce que serait le canal sud d’hier et aujourd’hui.
Et encore, son écriture ...
Quand manquent les certitudes, quand le doute sur soi s’insinue, les monstres sont partout, prêts à envahir nos existences quotidiennes. Alors, la vie la plus banale peut sombrer dans le drame. D’une plume ironique, souvent féroce, Jacqueline Weyl s’applique à décrire ce basculement vers le néant, les menaces de la maladie, de la solitude, de la mort.

Nos débats téléphoniques ces dernières années tournaient autour cette normalisation des contenus et des formes des radios.
Même si nos productions radiophoniques étaient très différentes, elles collaient à la phrase d’ Alain Veinstein :
"…nous voudrions peut-être, aussi, rappeler que la radio est encore capable de quelques miracles, par exemple qu’elle est un moyen de création à part entière, non subordonné à l’information ou à je ne sais quelle référence prestigieuse telle la musique, le théâtre ou la littérature…
La radio est libre.
Elle est libre de n’être que de la radio sans autre enjeu que de se donner libre cours, même si aujourd’hui, elle est aliénée et désœuvrée…"
.
Bref, nous étions des bavards inconséquents et chaque coup de téléphone avec Jacqueline Weyl se terminait pour moi par une inflammation de l’oreille.
Plutôt que tenter d’épuiser l’oraison funèbre, je vous propose deux choses : une émission autour d’une lettre de Jacqueline Weyl, une émission qu’elle aimait bien (elle était très indulgente avec mes productions) : Quand je mange une biscotte bien croustillante, j’entends moins bien la radio.
et une autre, une émission inécoutable à cause de la mauvaise qualité du son et ma flemme, qui était un témoignage sur Gérard Milhès, un autre ancien de canal sud, où vous entendrez la voix de Jacqueline (la cassette pleure, le vent souffle, la tempête gronde, les effets sonores saturés et autre justification) ou plutôt ou vous pourrez imaginer ce qu’était la voix de Jacqueline Weyl.
Et sur ce, repose-toi bien, Jacqueline, dans un lit d’ondes.





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