Hommage à Nicomix en fevrier

publié le 23 janvier, par fabien |

Exposition du 4 février au 2 mars
Parcours de 1991 à 2019 : Dessins à l’encre de chine, sérigraphies ...
Vernissage le 4 février à 19h au 40 rue Alfred Duméril
Port du masque, gestes barrières obligatoires.

NICOMIX
1976 – 2021
L’interview du vernissage :

Vernissage Canal sud Fevrier 2022
Télécharger (mp3 - 88.5 Mo) / Popup

En bas de page les deux heuures de mix en hommage à Nicomix
Après une enfance passée dans les alpes, où il pratique la gymnastique sportive avec enthousiasme, Nicolas Rodriguez commence au début des années 90 des études à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Genève et collabore également, dés ses 16 ans, au journal satirique suisse Le Zombie Libéré. En parallèle à ses études, il découvre, avec autant d’enthousiasme, les undergrounds graphiques et musicaux via le milieu squatt alors en plein effervescence à Genève ; il forme avec son comparse le dessinateur Zven (1), un éphémère groupe de musique bruyante, Acid Bath Case ; Zven es souvient : « on répétait dans le sous sol du commissariat (de Genève), où le père du batteur travaillait ! ».
Il fréquente également assidûment la fameuse librairie genevoise Papiers Gras, où il dévore tous les comix indés américains, les mangas déjantés et les graphzines qu’il peut y trouver. Une grande curiosité pour les marges artistiques, l’art déviant et inclassable.

En 1995, tout juste majeur, il publie ses premieres autoproductions sous le pseudonyme de Machine Nico (qu’il utilisera jusqu’au début des années 2000, avant de signer Nicomix), sous le nom d’éditeur « Ruin co. » qu’il conservera, durant ses 25 années d’activités éditoriales.
Il migre définitivement à Toulouse vers 1997, intensifie ses collaborations et ses publications, alors que son style graphique se complexifie, se nourrissant de multiples sources : BD populaire ( Pif, Donald…) remixée avec le comix indé ( Raw, Métal hurlant...) et le graphzine (Pascal Doury, El Rotringo, Kerozen, Henriette Valium…) mais également notices techniques, propagandes religieuses, encyclopédies médicales…
On retrouve ainsi Nicomix au sommaire de divers graphzines emblématiques de la fin des années 90 et du début des années 2000 comme Hate it loud, Gestroco club ou L’horreur est humaine, et bien sur Stomack le graphzine édité par ses soins, mais également dans des revues de BD comme La maison qui pue ou Ferraille(2).
Plus épisodiquement, Nicomix contribuera dans les années 2000 – 2010 au sommaire d’autres publications comme : Stronx, Hopital Brut(Le Dernier Cri), Avorton (Meconium) 51 Pégase, Imagora Krü, Léozedi…
Il co-organise en 2001 avec Victor Marco (Indus Valley) le 1er évènement dédié à Toulouse aux undergrounds graphiques et musicaux : « Happy days in pink city », prévu le 21 Septembre...évènement annulé au dernier moment pour cause d’accident industriel majeur !(3)
A la même période, il anime avec Toff l’atelier de sérigraphie du squatt d’artistes Mixart Myrys (4) et participe à l’organisation BD indé & rock « Explosion du Zine » dont il signe plusieurs visuels.

En passionné des undergrounds graphiques, il expérimentera différents styles : télescopage d’images par collage, dessin figuratif ou abstrait ; la surenchère de détail ayant, au fil des ans, laissé place à un trait plus épuré. La technique de la sérigraphie restant toujours son médium favori.

A l’instar de Schlingo, d’un Moolinex ou d’un Winshluss, Nicomix aimait remixer la culture populaire à la moulinette ou au hachoir. Adepte des trames suranées et des hachures soignées, il avait ainsi exploré les frontières de la ligne claire et de l’underground crade. Une des constantes étant un esprit dadaïste absurde avec des télescopages d’images et de mots, voire leur détournement, dans une poésie étrange.

Même s’il ne s’est jamais revendiqué comme un « artiste engagé », Nicomix, s’est souvent ingénié à créer des images chargées de sens, à apporter un regard critique sur la bêtise humaine (la guerre, la religion, la chasse, l’autoritarisme…), plus particulièrement le culte contemporain pour les nouvelles technologies (cf l’ultime numéro de Stomack sur le thème des écrans et ses séries « Selfie destruct » et « Smartcore »).

Son implication dans les scènes underground le voit également participer à divers évènements toulousains (festival star, festival indélébile, festival electric arty-land), à des émissions de radio (Douche Froide sur Canal Sud..) et officier régulièrement comme DJ à la fin des concerts.
Grand amateur de musiques obscures avec une prédilection pour le coldwave, l’indus, l’ebm ou le post-punk (mais aussi le death rock et les musiques psychédéliques), il signa également des pochettes de disque de musiques synthétiques (compilation Douche Froide, Gabriel Hibert…) ou bruyantes (Artemisia Abstenum, Hypoptalasia, Fatal Nunchaku…), et était parmi les noctambules les plus assidus des soirées de lieux emblématiques de l’underground toulousain comme Mixart ou les Pavillons sauvages.

Par de là de son parcours artistique personnel il publiera des ouvrages et affiches de nombreux auteurs comme Alex Baladi, Alexis Allard, Andréas Marchal, Boris Paillard, Dave Guedin, Igor16382, Manoï, El Quesnel, The Pit, Pyon, Tenkishi, Tulio Caetano, Yann Taillefer, Winschluss ou Zven (et bien plus encore via sa revue Stomack).

1 : Zven deviendra par la suite éditeur du graphzine Smittekilde ; il revendique l’influence cruciale de Nicomix dans son parcours artistique, notamment son goût pour la technique de la sérigraphie et sa persévérance dans un style singulier et personnel : « grâce à Nico j’ai évité le lavage de cerveau de l’art conceptuel minimaliste ironique et chiant, omniprésent dans le milieu des beaux-arts ».
2 : Il se rapproche entre 1998 et 2001 du collectif de bandes déssinées indépendantes.
Les Requins Marteaux (alors basés à Albi), publiant une mini-série de bandes dessinées étalées sur 4 numéros du journal Ferraille.
3 : Explosion de l’usine chimique AZF qui dévastera la moitié de la ville de Toulouse le jour même !
L’événement se fera finalement l’année suivante sous le nom "d’happy days in toxic city" au Salon Bocal (petit café musical en plein centre de la ville)
4 : collectif d’artistes trés divers occupant l’immense bâtiment de l’ancienne préfecture de Haute-Garonne en plein centre ville de Toulouse de 2001 à 2004 ; en 2005, après un accord avec les autorités municipales, le collectif déménegera dans un hangar en pérphérie nord de Toulouse (avant d’être de nouveau la cible de la municipalité début 2021).
Flore, une des artistes du lieu, impulsera au printemps 2002 le festival Explosion du Zine, librement inspiré du festival off d’Angoulême (alors chapeauté par les fanzinothèques de Poitier & Toulouse) ; Explozine constituera l’un des tous premiers évènement français de ce qu’on appellera ultérieurement micro-édition graphique. L’événement connaîtra 4 éditions foisonnantes à l’envergure croissante puis, suite au déménagement de Mixart, des résurgences plus modestes (la dernière en 2008 aux Pavillons Sauvages.

mix en hommage à Nicomix :

Télécharger (mp3 - 280.2 Mo) / Popup




Ajouter un commentaire

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.