Un frisson dans la nuit : une femme du vingtième

vendredi 8 juillet 2022 par bidonfumant |

Et je marchais dans la rue un soir à pas feutrés
Seule à seule je comptais mes pas pour me rassurer
Tout en fumant dans le noir un mégot ajouré
Les heures chassent le temps qui presse et la caravane passe
Je pensais au sommeil pour demeurer éveillée
Mais au carrefour soudain, je les ai entr’aperçues
Nez au vent, elles déboulaient à brides abattues
Elles tanguaient sous les phares des autos effarouchées

Dans le brun et l’or de leurs yeux, tout se bouleversait
Je riais aux éclats en sanglot dans l’affolement
La rue n’aura jamais fini de me passionner
Des trottoirs, des tapis rouges dévalant à nos pieds

LMD
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Pas d’happy end pour cette histoire, Lizzy Mercier descloux est
est morte en 2004 à 47 ans à st Florent en Corse. Ses cendres sont bien sûr dispersées dans la baie de St Florent.
Et elle a certainement été une des inspiratrices des mouvements musicaux actuels. Thurston Moore, Patti Smith, Charles Hell lui vouent un véritable culte.
Et elle obtint une trentième place au hit parade, ce qui n’est pas mal pour une musique très originale et décoiffante…

Lizzy Mercier Descloux une éclipse
Je n’ai pas envie de faire une notice nécrologique à une image iconique de la vie, de la liberté et des dégâts collatéraux que ça provoquaient pour une femme du 20ième siècle qui n’ira certes pas au Panthéon (je pense que ça l’aurait recoiffé) mais qui a marqué les musiques nouvelles des décennies suivantes.
Et puis surtout, Lizzy Mercier Descloux est une femme du 20ème siècle comme moi, je suis un type du 20ième siècle, nés dans la même décennie et comme moi issue de la classe ouvrière.
Nos jeunesses, c’est le moment où Puig Antich est garroté, la catastrophe soviétique, la guerre du Vietnam, le début des interrogations politiques et du passage à l’action directe, et aussi la naissance du mouvement punk.
Pour un enfant de prolo le moindre engagement est radical et définitif.
Donc fin 70, Tout se passe au Palace (où l’on ne m’aurait certainement pas laissé rentrer, pour ma gueule et mon look des cités d’alors)… Quelque part dans le basculement des années 70 vers les années 80. Dans la mythique salle parisienne se succèdent Alain Pacadis, Jean-Paul Goude, Thierry Ardisson , Brice Coutirier (celui qui a écrit un panégyrique sur Macron, le président philosophe) et autant de figures emblématiques des nuits de la capitale, venant voir une à une ce que la bourrasque punk a bien pu laisser derrière elle. Mais ce soir-là, la véritable bourrasque est sur scène. Elle s’appelle Lizzy Mercier Descloux, une petite chanteuse aux airs androgynes et aux yeux cachés par une tignasse broussailleuse.
« Vous êtes tous des chômeurs ! », hurle-t-elle à l’assistance, furieuse de ne pas être écoutée attentivement par ces mondains noctambules (elle le fait dans doute pour moi, sans le savoir, le refusé des boîtes de nuit désignant déjà ce qui seraient Macroncompatibles). « Elle a refusé de chanter et s’est mise à cracher sur le public », se rappelait en juillet dernier son ami de toujours Samirah Arbia pour le magazine Stylist. Car s’il est vrai que si des artistes comme Patti Smith, Thurston Moore, ou même Jamie XX vouent aujourd’hui un véritable culte à Lizzy Mercier Descloux,. La France l’a vite oubliée.




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