Un frisson dans la nuit : The last silent movie Susan Hiller

vendredi 12 février 2021 par bidonfumant |

« La langue est une raison humaine qui a ses raisons et que l’homme ne connaît pas. » Claude Levi Strauss

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À Toulouse, il y avait un parcours d’art contemporain, un truc institutionnel qui fait très Cartier, pas le genre quartier barrio, mais plutôt cartier diamant. Mais peu importe, ça n’empêche pas de goûter au plaisir de voir des choses fortes.
Une installation tournait autour de Susan Hiller une artiste américaine qui réalise depuis des décennies des installations. Ici, c’est le film the last silent movieet ce que ça a déclenché de voir un tel film.

Un écran noir où n’apparaissent que des sous-titres traduisant le son des langues inconnues, en voie de disparition ou disparues.
Dans le coin gauche de l’écran, le nom de la langue et son état, par combien de personnes, elle est parlée. Parfois cette langue exprime des histoires, des chants, et d’autres fois ce ne sont que quelques mots épars hors tout discours.
Susan Hiller choisit de réaliser « le dernier film silencieux « , un film qui, comme son titre l’indique, parle d’extinction, et ce sur un mode tout paradoxal, puisqu’il est presque exclusivement sonore : s’y succèdent en effet des enregistrements de voix s’exprimant dans des langues menacées de disparition, tandis que sur l’écran noir s’inscrivent les noms de ces langues et la traduction des propos. Leur présence résonne en nous,
d’autant plus vive qu’ils nous parviennent détachés de tout pittoresque et même du corps de leur locuteur. Ces quelques bribes ainsi sauvées interrogent la marche de l’histoire et l’oubli qui l’accompagne. Cette perte des langues interrogent notre incapacité un monde hors de l’uniformisation et tout simplement celui de la différence, une différence qui ne se construit pas contre l’autre mais dans l’autre.
Donc ce last silent movie, un cimetière des langues. Plus de 6000 langues qui se réduisent à un millier aujourd’hui et demain à une centaine.
Or sans tout à fait citer Castan ou Duras, chaque langue qui disparaît est une perte de la pensée du monde, une façon de penser le monde qui disparaît.
Tout ça pour en arriver à la pensée unique.
J’ai repensé à ce livre de Sven Lindquist Terra Nullius qui raconte comment fut massacrée la population aborigène.

Et tout cet enchevêtrement d’impression ont rejoint un souvenir d’une expo au quai Branly, les maîtres du chaos, il y a un ou deux ans où je me suis promis d’aller en Mongolie rencontrer un chaman, Mongolie ou n’importe où ; Si un jour je m’installe ce ne sera pas en tant que psy mais avec quelques plumes sur la tête et quelques clochettes comme chaman. Ça n’arrivera pas ou plus .
Et ce soir comme il faut pour pouvoir penser le chaos du monde qui nous entoure, il faudrait savoir comment est advenu ce monde .




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