Nous qui ne sommes rien nous serons tout….

mardi 3 janvier 2017 par bidonfumant |

Une façon de se dire que l’année commence, finira-t-elle ?
Quel pied la sécurité...

Pour une passoire , avoir des trous n’est pas toujours un défaut . proverbe libanais

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Nous qui étions rien , soyons tout
Nous qui ne sommes rien nous serons tout….
Internationale chinoise…

Je me retrouve avec un tas de k7 dont je voulais me débarrasser et dont dans une certaine mesure je me débarrasse ce soir ; Une fois posée dans cette émissions, je ne les aurais plus. Je n’ai pas vocation à devenir un centre d’archives surtout et mon rêve de zenitude ne veut plus se satisfaire de désordre, de supports en tout genre occupant des malettes de plus en plus défraîchies.
Il faut admettre un soir que nous ne ferons pas tout ce que nous voulions faire, que ce ni grave, ni horrible, ni si dramatique et que ça n’a presque rien à voir avec le temps.
Certaines fois, je cherche à l’écoute d’un enregistrement ce qui m’avait poussé à le faire.
Simple fascination, du bruit ou du décalahge ou du téléscopage.
Aucune chance que ce délire d’un instant refasse surface, mais est ce que je peux donner un sens à ce son aujourd’hui.
Après tout utiliser ces sons si datés et si connotés pour dire autre chose, de bien lointain, de poser un pont entre le vingtième et vingt-et-unième siècle, qu’il s’agit de la même histoire qui se déroule et sans en attendre un renversement comme certains, dérisoires attendent un petit geste de la courbe du chômage (qui n’est en fait qu’un cercle vicieux).
Une continuité de l’histoire vers une fausse autonomie, une fausse liberté. En oubliant que la liberté c’est quand on peut s’affranchir de ce qui nous détermine, à condition bien entendu de se d’interroger et de savoir ce qui nous détermine.
Interroge le moindre petit fait, le moindre aménagement prévu pour notre confort et se rendre compte qu’une nouvelle aliénation vient gentiment se poser sur notre épaule. Agresser toujours le plus faible, celui qui touche les minimas sociaux, , se faire filmer en quasi continu (si t’as rien à te reprocher ça doit pas te déranger), aller faire un passeport et retrouver ses mimines scannées devant une dame qui dit que c’est très bien (ça évite les contrefaçons sauf que la contrefaçon n’est pas mon problème, j’ai besoin d’un passeport pour voyager pas pour savoir qui je suis), bientôt on nous fera cracher dans un bocal pour que notre passeport soit encore plus sûr mais pour qui cette sécurité, les drones pour faire la police ou le militaire ; faites l’armée , vous avez moins de chance de mourir qu’un civil.
Nous devenons une société sans anticipation, un demain aussi morne qu’aujourd’hui ; le risque zéro, c’est transformé tout avenir en présent et ça , ça rend triste.
Toutes les politiques sécuritaires concourent à cette absence d’avenir. Tout sera plus sûr et donc sans surprise. No future , vous avez entendu ça sans doute. Ou Minority report. C’est bien Philip K. Dick, les paranoïaques savent toujours quelque chose sur ce qui se passe, d’accord mais si plus personne ne les écoute.
Alors que j’essayais de trouver une façon d’introduire ce fatras de documents et d’y trouver de quoi en faire quelque chose d’audible et j’ai entendu ça et j’ai trouvé que c’était un excellent résumé de mon état d’esprit. Une révolte solitaire. Une sécession
Moi aussi ça m’emmerderait sérieusement de mourir sans que tout se soit arrêté.

Jean Charles massera je ne voudrais pas mourir avant

Deuxième séquence

Qui vit de l’homme est criminel ;
Notre ennemi, c’est notre maître :
Voilà le mot d’ordre éternel.

J’ai donc retrouvé un certain nombre de films communistes des années 30/40/50, où l’on y voit des cohortes enchantées animées par un projet commun.
Ici, et je préfère le dire tout de suite je ne m’intéresse pas à ce qu’il pouvait y avoir de manipulations, de faux discours et de jeux de pouvoir.. Pas besoin de sacrifier au livre noir des crimes commis au nom du communisme mais qui ne sont en fait toujours que des crimes sont liés au désir de puissance et de pouvoir. Le plus que jouir du dictateur.
Nous savions déjà que le communisme, le parti communiste et toute cette sorte de choses n’étaient pas ce qui était annoncé mais ce n’est pas là aujourd’hui que l’affaire est réglée par l’histoire que ces documents nous interpellent.
Même si la dimension idéologique garde une importance, c’est autre chose qui attire mon attention, c’est l’existence de lieux de paroles, c’est la maîtrise à moyens égaux de l’information (de la propagande si vous voulez mais à condition d’admettre que ce qu’on entend à la radio à la télévision est une propagande pour la société de consommation, la réduction des dépenses, et toute cette sorte de choses qui relèvent du discours unique, ce qui rend tout discours différent inaudible. A propagande égale , est-il plus indécent de promettre une société sans classe et où l’on vivra ensemble (même si cette promesse est du flan) ou décrire tout aussi faussement une réalité où il faut avant tout se défier du voisin pour lequel l’état pourrait dépenser plus.
Bien sûr, on pourrait invoquer le libre arbitre pour résister à ces injonctions de la pensée unique, mais où est-il, où se planque-t-il ce libre arbitre dans un monde où l’information est une certitude. Où est le libre arbitre sans le doute.
Nous sommes soumis à une apparition sans fin de nouvels experts qui viennent nous dire où se niche la vérité. Nous qui sommes que la vérité ne peut-être que la somme des vérités singulières et encore, mais ne saurait en tout cas être une.
Le gros problème, c’est que les idées ne manquent pas , mais comme aucune n’est vraiment mise en œuvre ou expérimenter , on en reste là. Il faudrait pouvoir poser un protoocole d’expérimentation scientifique, un groupe témoin où on ne change rien, unn group où on appliquerait un capitalisme effréné sans intervention de l’état, un autre le collectivisme sans frein, un autre , un monde sans hiérarchie et sasn propriété, un autre de type féodal ou même dictatorial, sans aucune interaction entre les groupes et vérifier 5 ans plus tard où nous en sommes. Mais comme nous n’en sommes pas là. Laissons tomber et puis il faudrait avoir envie d’aller vivre dans un monde qu’on sait d’avance ne pas nous convenir.
Bien sûr , on invoquera les luttes d’aujourd’hui, les indignés par exemple mais l’expression y est tellement codée et l’absence de projet autre qu’immédiat tellement manifeste que les mouvements se délitent d’eux mêmes, ou les luttes ponctuelles, indispensables à mener mais qui ne fédèrent que peu de monde.
L’important, ce n’est pas la rose comme le disait Gilbert Bécaud, mais des lieux de confrontation des idées et même des trivialités de la vie, simplement pour montrer que nous ne pouvons vivre que dans un social solidaire et allez osons le dire, sympa.
Je sais ce n’est pas simple de trouver le bon dosage entre le jaune le blanc et le coca fut ce-il de bretagne d’auvergne ou de corse.

Troisième séquence

Et que l’on ne nous ennuie pas avec la servitude volontaire . Voyons ce qu’en dit Capitalisme désir et servitude frédéric lordon

Quatrième séquence

La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !

Dans ces documents, on est dans le dur de la propagande mais il y a une interrogation sur ce que pouvait ou pourrait être une culture ouvrière qui se voulait exigeante mais pas élitiste.
A défaut de ne plus exister, la culture ouvrière n’est pas lisible.
Des individus sont éduqués par la télé , qui ne regardent pas un match de foot comme ça par inadvertance ou simplement parce que c’est agréable, mais par fanatisme, vont manifester pour travailler le dimanche, des bonnets rouges qui manifestent pour un moins d’impôt que seuls leurs patrons payent ? Il faudrait quand même pas oublier qui a détruit la Bretagne avec leurs élevages industriels, leurs choix économiques foireux et à court terme un agro-alimentation qui fait de la Bretagne le premier producteur d’algues qui ne servent à rien. Si peut-être qu’on finira par les bouffer. Pourtant les mêmes , je les rencontre au bar des amis de mon coin quand je partage un jaune et des chips rances et ils ne sont jamais les couillons qu’on pourrait croire.
Représentation rapide, trop rapide même expéditive d’un monde que tous les jours, la télévision et autres mâcheurs d’idée contribuent à rendre meilleur
Effectivement, je me sens pas trop proche de ce manque de jugeotte, de ce manque de bon sens près de chez nous, mais je retrouve ça dès que je vais dans un bar partager un jaune et quelques chips rances , il y a toujours quelques moments de bravoure et il était toujours possible de tenir des propos discordants , certainement plus facilement que dans les classes moyennes.
Donc ne pas trop vite dire que les bonnets rouges sont des cons ils sont avant tout le signe que notre société ne va pas bien qu’elle a honte d’elle-même et prête à croire n’importe quelle fadaise pourvu qu’elle soit différente du supposé correct habituel et que finalement il est plus facile (et je n’y peux rien personnellement) de stigmatiser un bouc émissaire plutôt que de se dire qu’on est un bouc émissaire.
Tiens à propos de la Bretagne

Bien sûr , je ne suis pas innocent , je suis et je viens de la classe ouvrière et j’en connais les travers qui ne sont pas pires que ceux des autres mais qui s’expriment fortement et explicitement, le rejet de l’autre de l’étranger, du cultureux, de celui qui ne travaille pas …La grosse différence , c’est que ce n’est pas de l’expulsion de salon, très policée souvent très éloignée des faits. Ah, on sait dans ces salons ce qu’il faut dire et comment il faut faire ou alors on laisse dire les enfants, c’est si innocent un enfant.
Contre le racisme ,le parti communiste n’ a rien réglé mais il contenait et au détour d’une lutte on rencontrait un camarade d’ailleurs et puis il y avait la culture, cette culture dynamique qui faisait que l’ouvrier n’était pas laisser devant la télé de la vulgarité et du moins disant culturel.
La culture ne sauve pas tout, mais elle est la meilleure voie pour accepter l’autre.
Et d’ailleurs jusqu’en gros au début des années 70, le parti communiste occupait la culture, une égalité de moyen pour parler autrement ;
Aujourd’hui, je ne regrette pas le parti communiste mais le parler autrement , le montrer autrement le présenter autrement , le penser autrement ne sont que des manifestations confidentielles face à un consensus sur la bonne façon de penser.
Il est clair qu’il ne suffit pas de manger des pieds et paquet pour restaurer une culture populaire qui aujourd’hui se résout à la vie bourgeoise comme modèle et le front national comme parole.
C’est un peu court de dire que l’électorat du front national , ce sont les ouvriers. Eux le disent, mais les autres, les péteux généralisés que font-ils. Ils ne disent rien mais votent tout de même. Et ce qui a vraiment changé , c’est que les classes moyennes se mettent à voter front national.
Le seul fascisme dont il est urgent de se défaire est le fascisme portatif et personnel qui nous fonde et qui fait que la première réaction quand quelque chose nous déplait est le rejet.
Je vous renvoie à un article de vacarme de cet hiver dont je ferais la prochaine émission à moins que ce ne soit sur les pauvres, les drones ou les musiques de ma jeunesse.
Cet article s’intitule, une vie non fasciste, nouvelle introduction qui fait référence à l’introduction à une vie non fasciste de Michel Foucault du livre de Deleuze et Guattari, l’anti Oedipe, l’édition américaine que je vous livre pour terminer.



Commentaires

  • Le 16 janvier 2014 à 19h00 par Con muniste

    He ben c’est beau c’est grand comme d’habitude...
    je tique quand même sur la phrase "des bonnets rouges qui manifestent pour un moins d’impôt que seuls leurs patrons payent" c’est oublier trop vite que les patrons les ferons payer aux autres... En Bretagne où il n’y a pas de route payante "les cons" vont payer le prix fort d’une écotaxe qui n’a rien d’écologique.
    Les mass médias nous livrent des images de cons tournant en ronds dans le monde et trop souvent on s’arrête à ces images, ces récits qui ne relèvent toujours que le détail inutile... Nous voilà comme des drones a regardez le monde par des caméras du haut d’un ciel artificiel. Comment remettre les pieds sur terre ? Parce que les cons de prêt son souvent moins con con le pense...


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