Viva Maria !

samedi 7 octobre 2017 par 1/2 Chronik’Art ou Contre Histoire 1/2 |

Il y a 40 ans …
Et sur ina.fr une vidéo magique nous restitue Callas en Norma, à l’Opéra de Paris, avec témoignages de Georges Prêtre et Franco Zeffirelli. (édition des actualités télévisées du 21 mai 1964)

Elle chantait dans sa langue à elle, celle de sa vie …
C’est son parcours de chagrins qui lui dicta tous ses rôles, hymnes à la vie jusqu’à la mort … Qui a souffert un jour comprend Callas dès la première note, et même dès son apparition, comme l’a montré Visconti, en lui faisant interpréter magiquement, mais sans chanter un seul mot, Médée, le plus terrible rôle de tragédienne qui soit … Son visage sublime est celui de la tragédie, comme son port de tête, ses mains, sa démarche…
Avant Callas, il y avait de grosses dames, habillées comme l’as de pique, qui s’avançaient sur le devant de la scène, s’immobilisaient et sans autre geste jetaient à la figure du public des trilles acrobatiques souvent incroyables qui faisaient l’objet, dans le milieu souvent féroce de l’opéra, de rivalités impitoyables, de rumeurs et de malédictions… Et Callas est arrivée, plutôt ronde au début, et aussi mal fagotée… Mais… instantanément tous les rossignols de la scène et de la forêt ont compris que c’était fini pour eux…. Ou du moins que rien ne pourrait plus être comme avant.
Callas a appris aux divas à être divines ! Elle a converti à son art ceux qui n’étaient que des montreurs de cirque, et à leurs dociles marionnettes, elle a fait prendre conscience que les personnages interprétés méritaient un vrai travail théâtral. Et l’Opéra est devenu merveille pour tous.
Qu’on l’écoute en italien, en allemand, en français, la langue n’a aucune importance…et même il vaut mieux ne pas reconnaître les mots, car leur structure, leur orthographe même n’ont rien d’émouvant… Ces consonnes qui se bousculent dans des mots fabriqués dans toutes les langues ne traduisent pas les émotions ; une des premières choses qu’on apprend dans un cours de chant professionnel, c’est à escamoter les consonnes ; car seules comptent les voyelles, qui permettent justement de « vocaliser »…
Elle pleure, crie, hurle, maudit ou prie avec les larmes et les déchirements qu’elle détourne de nos secrets. Elle accouche de la douleur à notre place, et cette sororité nous apaise.
Maintenant, certains de ses propos peuvent étonner, quand elle parle des femmes en particulier…, c’était une autre génération… Mais ce qu’elle dit des artistes et de la naissance de leur art est à graver au fronton du ministère de la Culture, pour que les maîtres du lieu n’oublient pas leur mission !
Callas nous a quittés, sa voix affaiblie ne la portant plus… Et même après la révolution musicale qu’elle a instauré de par le monde, le génie n’étant pas transmissible, nous restons un peu orphelins… La grande Barbara Hendricks, dont la beauté nous a fait oublier l’âge, ne se produit plus beaucoup… Mais Renée Fleming nous étonne souvent avec bonheur… Shirley Verrett qui m’enchantait a rejoint Callas… Ils en ont de la chance, là-haut !… Mais… Pretty Yende est là, et bien là ! …

Sur ina.fr une vidéo magique nous restitue Callas en Norma, à l’Opéra de Paris, avec témoignages de Georges Prêtre et Franco Zeffirelli. A ne rater sous aucun prétexte !

Télécharger (mp3 - 107.6 Mo) / Popup



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