Révolution

vendredi 27 octobre 2017 par bidonfumant |

« S’il est mal vu que les renards élèvent des poules, eh bien que les poules élèvent des renards ! de cette manière l’opinion publique sera satisfaite » dit le Renard en se léchant les babines. SM

La révolution Slamovir Mrozeck

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Pour en finir avec octobre 17 ou du moins pour y réfléchir sereinement, car cette plaisanterie a entraîné des centaines de milliers de morts, pour y laisser traîner ce zeste de nostalgie qui n’est plus ce qu’elle était , (une donneuse de leçon hors pair, dont on voit les réactionnaires de tout poil aujourd’hui s’en donner à cœur joie de la leçon à donner).
Un texte de Slamovir Mzoreck qui est peut-être ce que l’on pourrait appeler la leçon sur la leçon, la mise en abîme de cet octobre 17 et de ses suites, dont la dictature molle qui nous entoure est un des dégâts collatéraux
Avec les musique révolutionnaires qu’il faudrait, qu’il faut , ou qu’il aurait fallu bien sûr.

Liste des propositions musicales

Marxisme-leninisme On/off Bruno Letord

The revolution will be not televised Gill scott Herton

Il était une fois la révolution (ennio morricone) version John Zorn

Revolution Hugues le Bar / Maurice Béjart

Children of revolution T rex

Revolution (mama rose) Archie Shepp

La révolution ne sera pas télévisée Expérience

L’internationale Lilith duo

On n’ a pas le droit Denis Dufour

La Varsovienne Chœur de la mer rouge

Revolution Revolutionary ensemble

La révolution de Slamovir Mrozeck

Dans la chambre le lit se trouvait ici, l’armoire là, et entre les deux il y avait la table.
Jusqu’au jour où j’en eus assez. Je déplaçai le lit là, et l’armoire ici.
Pendant un certain temps je sentis couler en moi un courant novateur vivifiant… Mais au bout de quelques jours… l’ennui revient.
J’en tirai la conclusion que la source de mon ennui était la table, ou plutôt sa position immuablement centrale ;
Je poussai donc la table là, et le lit au milieu. De façon anticonformiste.
Cette seconde nouveauté me redonna de la vitalité et tant qu’elle dura, j’acceptai la gêne anticonformiste qu’elle occasionnait. En effet, je ne pouvais plus dormir maintenant le visage tourné vers le mur, ce qui avait constitué ma position préférée.
Au bout d’un certain temps, néanmoins, la nouveauté cessa d’être nouvelle, et seule subsista la gêne. Dans ces conditions, je poussai le lit ici et l’armoire au milieu.
Cette fois le changement fut radical. En effet, l’armoire au milieu de la chambre, c’était plus que l’anticonformisme. C’était l’avant-garde.
Au bout d’un certain temps, néanmoins… Ah ce maudit « certain temps » ! Bref, même l’armoire au milieu de la chambre cessa de me paraître quelque chose de nouveau et d’inhabituel.
Il convenait d’opérer une cassure, de prendre une décision fondamentale. Si, dans le cadre ci-dessus défini, aucun changement n’était possible, il importait de sortir complètement de ce cadre. Dès lors que l’anticonformisme se révélait insuffisant, dès lors que l’avant-garde ne donnait aucun résultat, il fallait accomplir une révolution.
Je pris la décision de dormir dans l’armoire. Tous ceux qui ont essayé de dormir debout dans une armoire savent qu’avec une telle absence de confort on est absolument assuré de ne pas trouver le sommeil, sans parler de l’exténuation qui s’empare des jambes, et des douleurs dans la colonne vertébrale.
Oui, ce fut la bonne décision. Succès, victoire complète. Car, cette fois-ci, même le « certain temps » n’eut aucune prise. Au bout d’un certain temps, non seulement je ne m’habituai pas à mon changement ; c’est-à-dire que le changement demeura changement, mais au contraire, je ressentis ce changement avec de plus en plus d’acuité, car la douleur allait croissante à mesure que le temps passait.
Tout aurait donc été pour le mieux, n’eut été ma résistance physique, qui s’avéra limitée.
Une certaine nuit je n’y tins plus .Je sortis de l’armoire et m’allongeai sur le lit.
Je dormis trois jours et trois nuits. Après quoi je poussai l’armoire contre le mur, et la table au milieu ; car l’armoire au milieu me gênait.
Maintenant le lit se trouve ici, comme avant, l’armoire là, et entre les deux il y a la table. Quand l’ennui me guette, je me remémore l’époque où j’étais révolutionnaire.




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