Pour un bout de papier #2 - Emission du 16 juillet 2015

vendredi 17 juillet 2015 par Bruits de tôle |

Comme chaque mois, le 3ème mercredi de 19 à 20h sur Canal Sud (92.2 FM à Toulouse, www.canalsud.net ailleurs), la CLIME prend l’antenne, Pour un bout de papier.

Ce soir, au programme :

  • Les news du CRA (voir ci-dessous)
  • Reportage en Suisse sur la politique d’immigration et le mouvement NoBunkers
  • Expulsions et politique anti-migrantEs à Paris, interview d’un militante (la Chapelle, début Juillet 2015)<
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Pendant ce temps au CRA…

A Gaillac, un mariage mixte doit avoir lieu. Grosses mobilisation. La Mairie a accepté de reculer deux fois la date du mariage. Le CRA avait prévu l’escorte mais la pref s’est opposé au transfert.
La Préfecture a fini par expulser monsieur de force, deux jours après la date du mariage.
http://www.ladepeche.fr/article/2015/07/09/2140658-jamais-marie-et-renvoye-au-senegal.html

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Une famille Albanaise a été placée pendant une semaine au CRA : une mère, son bébé de 2 mois et sa fille de 3 ans. Le tribunal administratif a confirmé, le Juge des Libertés aussi. La Cour européenne des droits de l’Homme a demandé à la France de respecter l’arrêt Popov (arrêt qui a condamné la France sur l’enfermement des enfants en rétention le 19 janvier 2012. Ce qui signifie de mettre un terme à la privation de liberté de cette mère et ses deux enfants). La Préfecture des Pyrénées Orientales n’a pas bougé. Le ministère de l’intérieur a assumé pleinement l’enfermement de cette famille et fait le choix de passer outre la décision de la CEDH. Transférée au CRA du Mesnil-Amelot le 8 juillet, la famille a été expulsée le 9 juillet à l’aube sans le père à destination de l’Allemagne.
http://www.lacimade.org/communiques/5479-Enfermement-des-enfants---la-France-se-moque-des-d-cisions-de-la-Cour-europ-enne-des-droits-de-l-Homme

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Monsieur T. ramène son passeport jeudi. La juge de la Cour d’appel dit qu’elle rendra sa décision le lendemain à 17 heures. De retour au CRA, Monsieur apprend qu’il a un vol prévu le lendemain à 13h. Il décide de refuser d’embarquer : « je suis d’accord pour rentrer mais je veux connaître la décision de la Cour ». Retour au CRA. À 17h la réponse arrive : assigné à résidence, donc libéré.

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« Je n’en pouvais plus de ne pas bouger ; de me cacher tout le temps ». Un jour Mr F. part en Espagne acheter une cartouche de cigarette. Pas de chance il se fait interpeller à la frontière. Placé au CRA avec une nouvelle OQTF. Il n’en revient pas. Sa femme seule avec ses trois enfants dehors. Rien ne marche, tout est bloqué. Pas de chance sur pas de chance. Le consul délivre le laissez-passer.
Il refuse une fois de monter dans l’avion. Il refuse une deuxième fois. La pression monte. Il tient bon. Le lendemain matin les policiers reviennent le chercher. Ils l’attachent. À Paris, il parvient à refuser une troisième fois. Saisine du juge parisien : libéré, car lors du transfert il n’a pas eu accès à son téléphone. Ouf. Belle échappée !

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Encore un mineur au CRA. Monsieur S.Z. est arrivé en zodiac en Espagne, il y a un mois. Après une traversée périlleuse. La semaine dernière, il quitte l’Espagne et se décide à rejoindre la France. Il prend le bus pour Toulouse. À la descente du bus il est arrêté à la gare. La Préfecture décide de le renvoyer en Espagne. On attend la réponse. Au CRA, il passe le temps en lisant les documents du GISTI et le rapport rétention.
L’Espagne refuse. La Pref décide donc de le renvoyer au Cameroun. Heureusement il parvient à contacter sa mère. Elle finit par lui envoyer la copie de son acte de naissance, prouvant qu’il est mineur. Le tribunal administratif annule, en disant qu’il y a un doute sur la minorité de Mr, et le libère.

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Mme M. arrive au CRA. Elle s’inquiète pour sa mère qui est âgée de plus de 80 ans et est très malade et seule dans un squat.
Un médecin délivre une ordonnance en urgence pour qu’une infirmière puisse se rendre sur place pour aider la mère de Mme à prendre son traitement.
Le tribunal confirme la décision. La juge des libertés, après 25 jours de rétention décide pour raison humanitaire d’assigner Mme M. à résidence. Ouf ! Elle sort en fin de journée et retourne aux côtés de sa mère.
Quelques jours plus tard. Mme M. est replacée au CRA. Elle n’en croit pas ses yeux. En fait la Pref avait fait appel de la décision du Juge. Et la Cour d’appel avait annulé la décision. La Pref a donc envoyé la PAF deux jours plus tard chercher Mme M. chez elle…

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Une autre Mme M. après 45 jours au centre de rétention. Tous les recours juridiques sont épuisés. Le médecin estime que son état de santé est compatible avec le CRA, et tribunal estime que son état de santé est compatible avec un renvoi en Arménie. Pourtant, Mme M souffre de plusieurs pathologies. Le consulat d’Arménie ne délivre pas de laissez-passer. Au bout de 45 jours la Préfecture refuse de lâcher et la place en garde-à-vue en vue d’une comparution immédiate. Le médecin de la GàV estimera lui que son état de santé n’est pas compatible avec une garde-à-vue ! Et elle est donc libérée sur le champ.

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Un homme depuis 33 ans en France. Pour une histoire d’ivresse qui finit mal, monsieur est envoyé en prison. 33 ans en France sans aucun problème, quatre mois de prison ferme. À l’issue de sa peine, il se voit notifier vendredi dans l’après-midi une obligation de quitter le territoire. 48h pour contester. En prison, pas d’accès aux avocats ni au greffe, ni qui que ce soit pendant le week-end. Le lundi matin il arrive au CRA. Le délai est dépassé. A suivre !

***

En juillet au CRA.
On tourne en rond.
On broie du noir
Les cafards courent dans les couloirs




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