Pinar Selek #fdl du 02.06.2014

mardi 3 juin 2014 par Le soldat inconnu |

Pas facile de trouver un titre ici. On aurait pu mettre "procès et résistances", "turquies et féminismes", "répression et injustice"… Mais non, ce sera juste Pinar Selek, parce que ce fût une rencontre avec une histoire où il y avait milles histoires, milles résistances, des faits et des pensées. En une heure elle nous donne à voir et à penser et ça ne tiens pas dans un titre… alors ce serra juste : Pinar Selek.

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Le rendu du Procès de Pinar Selek aura lieu le 11 juin soyez attentive et créative là où vous êtes… Plus d’info sur son site.

Sur la première demi heure on parle mal des politiques, mais c’est pas de notre faute vraiment… On essaie de leur trouver des excuses mais ilelles sont bien trop minables. Le résultat des européennes restent en travers de la gorge de ceux et celles qui disent non au front depuis des années (plus jamais de 20 %…la la la …). Reste qu’ !l faudrait se demander un peu sérieusement ce qui a merdé, mais bon nous ont fait que de la radio…

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Un texte de 2002 alors que le pays était vent debout pour faire barrage.

Nous sommes tou.te.s républicain.e.s !

Qu’il est beau notre président ! Un bel escroc qui sent bon le sable chaud. Le dernier barrage de la Démocratie aura donc tenu. Vu des salons dorés et parfumés de la République, il a fière allure le valeureux rempart. Mais à y regarder de prés, il est mal en point, la vermine le ronge et ici ou là, des fuites apparaissent… Le mot d’ordre a été martelé à tout va. Marqué aux fers rouges dans toutes les têtes : Une pensée unique contre toute réflexion politique.
Faire barrage !! Il fallait faire barrage ; aux flots d’intolérance, de peur et de mépris. Faire barrage à la haine et à la bêtise.
Du coup, tous ces revendeurs de programmes frelatés, qu’ils soient rouges de honte ou verts de rage, tous nous ont demandés, pardon, obligés à entasser les votes. Tous les votes !! Comme on entasse des sacs de sable, sous peine d’excommunication, aux cris d’abstention=collaboration. D’accord. Mais combien de temps devrons-nous encore soutenir cette frêle construction ? Bâtît à la hâte, il semble qu’elle n’est pas les fondations bien solides. Approchez-vous un peu, innocents de France, regardez de l’autre côté du barrage, comme le niveau monte, regardez comme la pression se fait de plus en plus forte. Le marigot putride et nauséabond s’agrandi toujours plus. Ce n’est qu’un barrage. Il retient. Mais il ne résout rien. La faute à qui ? A ces pelleteuses du profit-à-tout-prix, qui creusent inlassablement les inégalités ? A cette misère qui s’écoule, tous les jours un peu plus, des montagnes du mépris politique ? A cette peur distillée par des médias fous ou inconscients, nous rejetant chaque jour un peu plus les uns contre les autres, solitude contre solitude ?
Qu’importe que le niveau monte le coq gaulois et républicain est connu pour chanter les pieds dans la misère. Allez, du nerf, on saisit les sacs de merde, avec ou sans gants, et hop on monte le mur, dans un bel élan national, le drapeau bleu, blanc, rouge en avant, à grand renfort de Marseillaise.
N’empêche qu’un jour faudra bien se demander d’où vient toute cette flotte stagnante. Est-ce réellemment à cause de ce flot d’abstentionnistes que l’eau grimpe ?
Mais ouvrez les yeux citoyenNEs enlevez vous ce grain de sable qui vous obstrue les orbites. A votre avis, qui creuse le lit ? Qui, ayant le pouvoir, laisse couler nos espoirs ? Qui casse nos vies ? Qui expulse nos amiEs ? Et on devrait se contenter d’une démocratie du candidat unique. Un à gauche, un à droite mais pas plus sinon gare aux surprises !!!!
Mais pendant que l’on se prélasse à l’ombre du barrage républicain, laissant patauger de plus en plus de gens dans le marigot putride, dans la misère et le déni de justice. Pendant ce temps la bête elle en profite console les unEs , rassure les autres et sournoisement avance à grand coup de discours populistes. Les loi sur la sécurité quotidienne, la tolérance zéro, les emplois précaires, l’ignoble situation des prisons françaises, le tout nucléaire,"la privatisation des bénéfices, la socialisation des pertes", la transformation en vulgaire objet de commerce de l’éducation et de la culture, les refus du droit d’asile… Et la peur. Toujours cette satanée peur. Du lendemain, de l’autre, de sortir… Tout cela n’est pas le programme d’un parti fasciste mais une réalité, appliquée par les gouvernements successifs de droite et de gauche.
Petit à petit on transforme la société en un quartier d’isolement, le pouvoir en mirador, et en cellules tous confort. C’est peut être là le plus grand danger, habituer les gens à la soumission .d’un système totalitaire. Et peu importe s’il reprend les sinistres couleurs brunes d’hier, ou s’il se choisit des habits neufs, ce qui est sûr, c’est qu’il se servira toujours des systèmes de contrôle de pointe, de l’armée et de la police républicaine et démocratique pour asseoir sa domination.
Qu’ont fait les gouvernements de gauche et de droite pour ne pas laisser le racisme, l’intolérance, la peur se développer au sein de la population ? Qu’ont t’ils fait pour promouvoir un individu libre et responsable ? Qu’ont-ils fait pour favoriser la solidarité ?
Certainement trop occupés à ferrer l’électeur et l’électrice dans une pèche aux gros où tout les coups sont permis. Seulement à un moment le jouet se casse, la corde lâche et plus personne ne suit. Et maintenant nos "politiques" nous demandent de sauver la France. Gare à vous. Aux urnes citoyenNEs !!!! Creusez les tranchées de la luttes anti-fascistes et "no pasaran", le général Chirac dans sa respectabilité toute neuve, revigoré par le bruit et l’odeur des bottes, nous a mené jusqu’à la victoire finale de "nos valeurs". Le grand sursaut national contre les nationalistes a eu lieu. Bravo ! Et merci à toutes et à tous de vos participations. Et maintenant circulez, y’a rien à voir. Vous pouvez tous retourner à vos chères activités individualistes faîtes de week-end égoïstes à la montagne ou la mer. De vacances en Italie ou Tunisie. De soirées câblées ou décryptée devants nos chères TV, confinés dans nos espaces privés chèrement gagnés. Jusqu’à la prochaine fois, on supportera encore longtemps de vivre à côté d’ usines à risques, de boire un café issue directement de l’exploitation du tiers monde, de porter des vêtements cousus par des mains d’enfants, d’ accepter une précarisation croissante, de consommer aveuglément de l’énergie nucléaire. Honni soit qui mal y pense.
Et pourtant, en étant et en pensant solidaire nous pourrions déplacer ces montagnes, assécher une bonne fois pour toute le marécage, et définitivement écoper l’eau de la méfiance. Le danger n’est pas passé. Loin de là. Il est devant nous. Autour de nous. Et si nous n’avions plus peur ? Et si pour une fois notre mémoire restait intacte ? Si elle cristallisait à jamais ce souvenir du temps ou nous battions le pavé, lorsque nous étions dans la rue, et que tous cela reposait sur nous. Ce temps ou nous avions décidé d’agir plutôt que d’élire, et de s’organiser pour faire pressions sur ce vieux monde.
D’ailleurs il parait que, encore aujourd’hui, un autre monde est possible. Sans doute. Certainement. Sûrement. Mais il reste à le gagner. Et à le construire. Avec compréhension, tendresse, humour, force et détermination.
En direct du bas des plaines de la Garonne.



Commentaires

  • Le 4 juin 2014 à 15h55 par André

    Merci pour cet entretien avec Pinar… !Merci pour la réalisation nickel, où l’"entreteneur" intervient juste ce qu’il faut et pas plus…

    J’aime bien le doute, genre "je sais pas qui je vais rencontrer ?" :)

    On a besoin d’entendre des gens comme ça ! Ca donne de l’air, et du souffle.

    Il est à noter qu’elle revient fin Juin pour le marathon des mots…

    Je vous recommande ça ci-dessous, ça recoupe un peu, mais avec l’image c’est bien aussi.Interview de la sociologue et féministe turque Pinar Selek.

    Interrogée, torturée, inculpée à de multiples reprises puis acquittée, Pinar Selek a été condamnée à la prison à perpétuité
    par la Haute Cour d’Ankara le 24 janvier 2013. Une condamnation par contumace, puisque la sociologue et féministe ne vit plus en Turquie depuis 2009.

    Metropolis 23 mars 2013 à 14.35 (ARTE/WDR).
    http://videos.arte.tv/fr/videos/met...


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