Or de question !

dimanche 5 novembre 2017 par 1/2 Chronik’Art ou Contre Histoire 1/2 |

… des paravents de Maripasoula à… la Montagne d’Or …

…en Guyane on meurt beaucoup, surtout les enfants, de suicides…. mais…le colonialisme se porte bien, merci !
lire par exemple :
ordequestion.org
https://blogs.mediapart.fr/adrien-guilleau/blog/291017/leconomie-guyanaise
https://www.monde-diplomatique.fr/mav/155/LIGNEUL/57921
https://www.usinenouvelle.com/article/la-france-assise-sur-une-montagne-d-or.N477504

et voici un extrait de l’article de DIOGENEDARC, paru sur Mediapart :
Qu’est-ce que la Montagne d’or ?

C’est un projet d’orpaillage industriel porté par un groupe russo-canadien dont le patron n’est autre qu’un oligarque très proche de Poutine et qui, au grand jamais, comme tous ces milliardaires qui ont sans vergogne pillé leur pays durant les premiers mois de l’ère postsoviétique, ne s’est jamais préoccupé de la moindre question écologique. Il s’agit d’Alexis Mordachov, il serait à ce jour l’homme le plus riche de la Russie.

Ce projet, s’il voyait le jour, serait tout d’abord une catastrophe pour la biodiversité amazonienne, mais en plus, économiquement il ne serait pas viable. Tout d’abord, une simple constatation : l’orpaillage industriel n’a jamais enrichi ni un peuple ni un État. Regardez l’Afrique du Sud, le Brésil ou la Bolivie. Autre constatation sud-américaine : la Bolivie a tout misé sur l’orpaillage industriel contrairement à l’Uruguay. Ce dernier est le pays le plus riche de la zone, la Bolivie le plus pauvre !

Sur le plan écologique.

Il faut d’abord avoir bien en tête que pour l’extraction d’à peine 1,5 gr d’or il faudra broyer… 1 tonne de roches ! Autres chiffres hallucinants : il faudra une route et une ligne à haute tension sur plus de 120 kilomètres et surtout, selon les exploitants eux-mêmes un barrage hydro-électrique qui noierait au moins… 100 000 hectares de forêts. Il y a sur la région selon les spécialistes le risque de détruire des écosystèmes non encore suffisamment connus et même inconnus !

Et quid des déchets et des déchets miniers ? Ils sont énormes et il faudra des digues pour les contenir. Mais comment faire confiance aux exploitants miniers ? Au Brésil, ils ont causé une des plus grandes catastrophes de ces dernières décennies, à Mariana, dans l’État du Minas Gerais, il y a tout juste deux ans. Les digues, sous le poids des déchets miniers ont tout simplement lâché, déversant plus de soixante millions de litres d’un mélange toxique de terre et de métaux lourds dans le Rio Doce, avant de parcourir plus de 800 km jusqu’à la côte atlantique, au passage des agglomérations entières ont été totalement dévastées. Dans le consortium des exploitants, il y avait le groupe anglo-australien BHP Billiton, qui naturellement avait donné toutes les garanties nécessaires ! Un juge et même des ouvriers intérimaires qui travaillaient dans la maintenance des barrages, avaient prévenu leurs supérieurs de la menace. À noter que la COP21 qui se déroulait quasiment au même moment est restée muette sur le sujet de l’exploitation minière…

Sur le plan humain et économique

La multinationale Nordgold qui exploitera la Montagne d’or est connue pour l’exploitation des mines du Burkina Faso qui, selon plusieurs rapports, viole les droits humains et réduit la population locale à un quasi-esclavage. Pensez-vous que les Lois françaises qui ont déjà du mal à être appliquées à Cayenne le seront au fin fond de la forêt ?

Les doutes sont tels que dans son avis sur le droit à un environnement sain dans les Outre-mer, adopté le 17 octobre 2017, la Commission nationale consultative des droits de l’homme « recommande la mise en place d’un moratoire [sur ce projet de méga-mine] ainsi que le lancement d’une étude d’impact indépendante à même de mettre au jour l’ensemble des risques identifiés sur les plans environnementaux et sociaux, et en matière de respect des droits humains ».

Certes, on aime se gargariser avec d’éventuelles créations d’emplois locaux. Que nenni ! Des emplois bas de gamme, sans doute ; les ingénieurs et chefs seront étrangers à la Guyane. De plus, les bénéfices n’iront pas ou très peu à la Collectivité territoriale, mais aux actionnaires de Nordgold et Colombus Gold.

De plus, comme l’explique bien l’ONG WWF, « le contribuable sera mis à contribution à hauteur de 420 millions d’euros, notamment via les crédits d’impôt et la péréquation tarifaire pour l’électricité. Soit 560 000 euros par emploi direct créé ! » « Avec cet argent, on pourrait créer bien plus d’emplois dans d’autres secteurs », affirme Pascal Canfin, directeur général du WWF France. Il poursuit, sous la plume de Pascal Riché dans L’Obs n° 2763 du 19 octobre dernier : « Il est possible de créer en dix ans 4 500 emplois directs avec seulement 107 millions d’euros de subventions et mesures de défiscalisation. Soit seulement 24 000 euros l’emploi ». De plus pour l’ONG, le modèle de la Montagne d’or ne tient pas la route, « Les hypothèses sur le cours de l’or (1 200 euros l’once) pèchent par optimisme. Et à cet aléa, il faut ajouter celui du marché des changes, puisque les fournisseurs seront payés en euros alors que l’or sera vendu en dollars ».

Un collectif citoyen opposé

Le collectif citoyen Or de Question « exige du gouvernement français un moratoire sur la méga-exploitation minière industrielle en Guyane et l’arrêt immédiat de tous les projets de ce type déjà engagés La méga-industrie minière, est l’une des plus polluantes au monde. Elle n’est pas solidaire ni équitable en termes de retombées économiques. Elle ne développera donc pas notre pays, mais, bien au contraire, minera les bases mêmes de notre patrimoine naturel, à savoir ses ressources énergétiques et hydriques, son attractivité touristique potentielle et sa biodiversité ». L’association s’est au moins réjouie qu’une large consultation ait été obtenue : France Nature Environnement (FNE) a saisi la CNDP (Commission nationale sur le débat public) en se fondant sur les dispositions de l’article L121-8 du code de l’environnement. Celui-ci permet à des tiers de saisir la CNDP lorsque les caractéristiques techniques ou le coût prévisionnel des projets excèdent des seuils fixés par décret en Conseil d’État. Cette concertation aura lieu courant 2018.

Enfin, on pouvait lire dans Charlie Hebdo sous la plume de Fabrice Nicolino, un des tout premiers journalistes à avoir alerté l’opinion publique : « Des milliers d’orpailleurs clandestins pourrissent les eaux de Guyane depuis des décennies en balançant à tout va de charmants produits comme le mercure — idéal pour extraire l’or de son substrat rocheux — dans les rivières. C’est pas bon, c’est pas beau, et c’est artisanal. Tout autre est la puissance de feu des transnationales, qui peuvent mobiliser des concasseurs de la taille d’un avion et pulvériser des millions de tonnes de roches sans coup férir (…) En 2011, la Columbus Gold, boîte canadienne junior, achète huit concessions minières en Guyane. L’une des huit se trouve à 80 km au sud de Saint-Laurent-du-Maroni, au-dedans d’un lieu appelé la Montagne d’Or. Il y aurait 155 tonnes d’or planquées, peut-être le double. Miam. Pour récupérer la mornifle, il faudra creuser une fosse d’au moins 2,5 km de long, de 600 à 800 mètres de largeur, de 200 à 250 mètres de profondeur. Compter 460 millions de tonnes de roches à broyer, au bas mot, car on récupère au mieux 1,5 gramme d’or par tonne. Prévoir également de gros besoins d’énergie et d’électricité. Disons l’équivalent de ce que consomme la capitale, Cayenne, en un an. Mais une telle apothéose, ami technophile, ne peut être déployée par une petite junior, qui apparaît en la circonstance comme le paravent d’une grosse mère, que les spécialistes nomment une major. La Columbus Gold ne fait qu’explorer, avant de refiler le bébé au vrai bénéficiaire, la Nordgold, sise à Moscou. Nordgold est seule capable d’exploiter et d’ouvrir les entrailles de Guyane. Et elle est, en plus, entre des mains charmantes. Une ONG suisse et catho, Action de carême, a publié en février 2016 un rapport sur les mines d’or au Burkina Faso, où l’on peut lire : « Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation aurifère détruit les bases de l’existence de populations, porte atteinte aux droits humains. Avant de préciser : les sociétés minières présentes au Burkina Faso, en l’occurrence Iamgold, Nordgold et Amara Mining, ont une grande responsabilité dans les violations des droits humains exposés ». Et le journaliste d’ajouter : « Si cette mine ouvre, et tous les feux sont au vert, adieu à la forêt tropicale que l’on connaît. En toute certitude, ce sera la ruée vers l’Eldorado, car on trouve de l’or un peu partout. Il y aura des routes, des autoroutes, des barrages, des pylônes à haute tension. Et si tout est désormais sur les rails, c’est que la mine est soutenue par des autorités morales considérables. Jacques Attali, le preux lobbyiste international, siège au comité consultatif de la Columbus Gold ».

Télécharger (mp3 - 48 Mo) / Popup

première partie de l’émission du 4 novembre, suite bientôt !




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