Lutte contre le démantèlement de la protection sociale à l’enfance en Haute - Garonne

vendredi 22 avril 2016 par Le magazine |

Deux travailleurs sociaux viennent nous présenter leur lutte contre le démantèlement de la protection sociale à l’enfance et plus largement dénoncer un conseil départemental Antisocial.

Interview du 22 avril 2016

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Lettre ouverte de travailleurs sociaux contre un conseil départemental ANTISOCIAL :

Dans le cadre de sa mission de protection de l’enfance, le conseil départemental a l’obligation de prendre en charge (protection, hébergement, éducation, alimentation, hygiène et habillement) les mineurs isolés, les parents isolés avec enfant de moins de trois ans, ainsi que les jeunes majeurs (19- 21 ans).

Mais voilà, environ 80 mineurs isolés sont hébergés en hôtel depuis plusieurs mois sans accompagnement éducatif. A leur arrivée, il leur a été fourni un kit d’hygiène puis l’accès à deux repas dans une enseigne privée de self service. Depuis, pour eux c’est l’attente d’une place en structure éducative et l’absence totale de projet éducatif. Des journées vides malgré leur détermination à s’en sortir.

Le conseil Départemental remplit donc à minima ses missions de protection. Gîte et couvert certes, en somme une aubaine pour les hôteliers et cette chaine privée de restauration, mais aucun investissement sérieux dans le parcours de ces mineurs et l’expertise du travail social, fournie depuis des années par les acteurs sociaux.
Or le 12 avril 2016, voilà que le conseil départemental de Haute Garonne, socialiste pour léger rappel, décide à l’unanimité et à huis clos l’arrêt de ces hébergements hôteliers.
Revenons sur cette délibération d’un genre particulier, sur le fond et la forme. Ce jour là, le conseil départemental s’assure de la protection de la BAC et d’une centaine de CRS. Le hasard sans doute, avait mis
les CRS sur le chemin du CD 31 alors qu’ils répétaient un exercice antiterroriste à proximité ?

Le conseil départemental considéra-t-il ce 12 avril que les travailleurs sociaux alarmés par le vote de cette mesure, s’apparentaient à des terroristes ? Considéra-t-il que ces citoyens concernés et inquiets des
conséquences de cette mesure, qui voulaient simplement assister comme le permet la transparence de la démocratie locale au vote, ne méritaient qu’une évacuation musclée des lieux ?
Au delà de cette confiscation étrange du processus de transparence démocratique et même si le huis clos est tout à fait prévu par les textes, il nous semble que cette dérive ultra répressive n’a pas lieu d’être. Et l’on assiste à une escalade de la répression puisque quatre personnes, ont été assignées en justice, pour finalement aboutir à un non lieu.

L’arrêt immédiat de l’hébergement hôtelier, c’est mettre 800 personnes à la rue sur le département. Outre l’indécence de la mesure, la responsabilité ne fait qu’être renvoyée à l’Etat au travers du « 115 » qui gère l’hébergement d’urgence des majeurs. Service actuellement saturé sur Toulouse, qui se voit déjà contraint de refuser environ 80% de personnes. Cette politique de restriction budgétaire incohérente est bel et bien un choix politique et en aucun cas liée à un manque de moyen. Pour rappel, le conseil départemental a trouvé les fonds pour le parc des expositions (45 millions), le stadium (6 millions)
Mettre des gens à la rue, des mineurs, des mères, des pères isolés est non seulement un choix humainement indigne, mais économiquement, c’est voir à court terme et nécessairement jeter l’argent de la collectivité par les fenêtres, en saccageant tout le travail fourni par les travailleurs sociaux. C’est aussi occasionner des risques de santé et sécurité publique. C’est enfin une démission inacceptable des missions du conseil départemental et une violation du droit international, garantissant le droit des enfants à une protection particulière.

Notez enfin qu’en terme d’imposture, l’indécence n’a pas de limite. En effet, quand le CD parle de la création de places, c’est d’ici l’horizon 2020, cela ne concernera pas les publics mis à la rue aujourd’hui, et enfin, la moitié d’entre elles ne seront pas des places d’hébergement. Ce sera simplement un accompagnement à domicile pour des familles en difficulté. Les mineurs isolés, les femmes isolées, et les jeunes majeurs de maison d’enfant mis à la rue y resteront…

Syndiqués, non syndiqués, collectifs, personnes concernées, nous ne pouvons laisser faire un conseil départemental socialiste qui se cache derrière des CRS pour appliquer une politique antisociale. Ne nous trompons pas d’ennemi, et faisons lui face. Exigeons la transparence et le retrait immédiat de cette mesure inacceptable. Donnons-nous les moyens de lutter : préavis de grève à déposer dans toutes les structures, diffusion en masse, détermination et créativité…Venez soutenir et rencontrer les mineurs concernés,

RDV MARDI 26 AVRIL 2016 A MIDI SUR LE PARVIS DU CONSEIL DEPARTEMENTAL !

si vous souhaitez les joindre :
Collectif de lutte de 2014 (collectifdelutte2014@gmail.com)




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