La ruse de l’inde

mercredi 16 avril 2014 par bidonfumant |

Il ne faut pas maudire cette pluie.
Improvisation autour d’un texte de Davapriya Roy, la ruse de Calcutta

Le lion et l’agneau peuvent dormir côte à côte, mais l’un des deux aura un sommeil agité.

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Un petit texte sur le monde diplomatique m’a ramené quelques mois en arrière, lors d’un séjour en Inde .
Ne coupe pas les ficelles quand tu pourrais défaire les noeuds.
Comme le dit Marguerire Duras , une invitée de la dernière émission…
Quelques paroles de duras
Merci Marguerite, qu’est ce qu’il y a dire d’un voyage en Inde ou de n’importe où, rien ou presque , quelques sensations physiques extrêmes, une ivresse du trop.
Une suite à India song, peut-être mais une Inde vu de la rue. La rue ce que voit et surtout entend le voyageur en Inde. Du bruit hors de toute mesure qui de temps à autre nous fait perdre l’équilibre. Du bruit qui court du petit matin au soir.
Et puis , la saleté de ces rues et pourtant ça ne pue pas , une chance que les indiens soient plutôt végétariens.
Ne coupe pas les ficelles quand tu pourrais défaire les noeuds.
Et le train, bien sûr, regarder les paysages mais ne pas écouter de la musique indienne, non en continu, à regarder le défilement, écouter en boucle the pusher version nico, et penser en même temps que ce serait bien si j’écrivais quelque chose de cet instant de bien être absolu et oublier comme d’habitude.Nico and the blind melon.

Je ne voudrais pas rester sur la carte postale indienne, mais elles sont fortes ces images et il est difficile de s’en détacher.
C’est peut-être déjà ça l’Inde, un pays qui colle à ses stéréotypes et qui s’en fout.Pas de surprise si ce n’est l’intensité du bruit, Tout est comme on l’attend,la police d’une violence inouie et les gens soumis à cette violence, fouillée, bousculée, séparée, passeport, les chaussures tout est comme on l’attend sauf peut-être, dans cette Inde du Sud , la dignité des gens qui dorment dans la rue ;les gens qui dorment dans la rue, oui, c’est ça et pas ce cynique qualificatif de sdf, sans domicile fixe, comme si pour la plupart la rue n’était pas leur domicile fixe.
Le sourire que tu envoies revient vers toi.
Fanfare
L’inde….
Un pays à la mystique exacerbée qui va finir par sombrer dans une guerre de religion, un jour ou l’autre.
100 millions d’électeurs de plus entre deux mandatures. Il faut vivre une marche à contre sens des travailleurs de Bombay aux alentours de la gare victoria.
Il y a du monde, c’est certain.
Le jeu d’échecs est un lac, dans lequel peut se baigner un moucheron et se noyer un éléphant.
Il y a du monde ce qui est un réel argument à ne pas y aller.

On meurt de ne pas oser.

Tout y est outré et une bonne partie des choses qui s’y passent est incompréhensible , voire terrible.
Pas de désir, pas de souffrance.
C’est donc un pays fascinant mais où on est sûr qu’il ne faut pas rester sinon il faudra renoncer à tout ce qui est de nos conceptions du vivre ensemble.
Trop mystique, trop clivé, trop grand, trop violent,trop machiste, trop de trop, mais malgré tout inde donc…Et ce plaisir de se perdre à l’infini dans les rues.Des quartiers où les voitures ne pénètrent pas ce qui est un vrai miracle, où la marche est aliénée à la roue.
Inde donc…pas d’information singulière, pas de scoop, pas de sentiments exacerbés, simplement un regard, un son, une interrogation .
L’Inde, je ne l’ai pas rencontrée , tout au plus une ma représentation de l’Inde. C’est peut-être pour ça qu’au 19ème siècle, on la nommait les Indes. une collection de représentations singulières. Ce nom lui allait sans doute mieux.

Tout ce qui n’est pas donné est perdu.

« Bombay, un lundi matin de janvier, à vingt heures de chez nous, de banlieue à banlieue »

Description de ce qu’on voit d’un taxi qui mène de la gare de Reay Road au lieu de travail :
Pour aller au Bhabha Atomic Research Center, on ne traverse pas Bombay, on reste dans la racine de la presqu’île ; et douze kilomètres, dix millions d’hommes vous séparent de la porte de la mer, le triomphe colonial de la très louche Gateway of India .Prendre en travers, au lieu de gagner le bout de la presqu’île, ça veut dire que ces enclos de misère, au lieu d’être faubourgs ou quartiers, ou poches, recouvrent toute la surface qu’on dé finit comme ville (ce qu’ils nomment maintenant étalement urbain).
Récit des échanges avec Bill, Mister Camel, Deshmuk, Shimpy, Bailea Todankar :
À Bombay, quand j’avais besoin d’un tournevis, j’appelais Bailea Todankar, dit Bill. Je lui racontais ce que je voulais, il penchait la tête un peu de côté, et on prenait la matinée, ensemble, pour aller le fabriquer. Une fois, on n’y arrivait pas, à l’usine. Il m’a dit de l’attendre à l’entrée du Centre atomique, le soir six heures, et on est parti dans les fonds de Trombay, chez un type qui bricolait des moteurs de taxi : un garage en plein air (d’ailleurs, ils dormaient sur place), et là on a bricolé notre clé ou je ne sais plus, pour les besoins du réacteur nucléaire.
Et aussi : une grève ouvrière pour obtenir des chaussures de sécurité, des leçons de sitar avec Chandrashekar Naringrekar, une éclipse du soleil, une promenade en mer avec Madu Koli, un cortège funéraire parsi vers les tours du Silence, un courant de 440 volts qui traverse le corps.
Description et récit du travail industriel avec sa répartition hiérarchique des tâches entre des pays, entre des hommes, qui donnent à comprendre les déséquilibres d’aujourd’hui.

A part les démons imaginaires, il n’en existe pas.

Toutes les musiques sont indiennes, références à suivre.




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