"L’occasion fait le larron"

mardi 10 mai 2016 par bidonfumant |

et toutes ses déclinaisons collatérales plus sous entendues qu’explicitées. Les exemples ne manquent pas et cela tourne à la caricature, tellement c’est grossier .

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Imagine l’histoire que je vais vous raconter comme une histoire banale triviale dira-t-on ce qui n’est sans doute pas fait pour me rassurer.
Imagine que tu as un enfant, pas trop compliqué çà à faire mais le problème c’est que ça dure et qu’il faut parfois s’en occuper, mais pas tant que ça et pas trop celui-là.
Imagine que cet enfant, ici, c’est un fils (ce qui ne semble pas important, mais il se trouve que là ça doit avoir son importance) et qu’il grandit
Imagine que tu penses à haute pègre et que tu inventes pour ton fils une phrase du genre : « l’ennui avec les mères, c’est qu’on s’y attache et puis elles meurent », ce serait l’ennui avec les enfants, c’est qu’on s’y attache et puis ils partent.
Imagine ce fils parti à Paris pour faire ce qu’il a à faire
Imagine que parfois il vient te voir chez toi en province et que tu es content de ces moments parce que le retour de celui qui bouge est toujours un grand moment pour celui qui ne bouge pas.
Imagine pour diverses raisons que tu as prévu de manger avec lui pour simplement parler
Imagine qu’il s’agira de sujets de conversation qu’un peu vite on pourrait classer dans le tout ou rien.
Imagine que tu hésites en un irish stew et un biryani… Et puis pourquoi pas des nouilles sautées ou un nasi goreng ou un bœuf rendang, bon ça suffit…
Imagine que tu fasses ton émission et que le rendez vous est après.
Imagine que ton fils ne vienne pas .
Bien entendu, tu imagines qu’il est allé voir des copains pour l’apéro, qu’il a sa batterie à plat, et puis qu’après tout l’aliénation familiale, c’est bien de faire sans.
Donc un sms et tu rentres à la maison. Et on verra demain.
Imagine que demain passe. Pas d’inquiétude particulière, mon fils a 25 ans l’âge où l’on ne demande plus rien ni lui, ni moi.
Imagine quand même une certaine tension, le téléphone toujours pas rechargé, le sms sans réponse, et il repart le dimanche dans pas trop longtemps.
Donc ça commence à délirer, surtout que ça croise toujours d’autres événements familiaux…
Imagine que sa mère vous téléphone et vous explique qu’il est en garde à vue.
Bien entendu vous demandez pourquoi.
L’officier de police avance qu’ils étaient, ton fils et ses copains, ivres morts, et qu’ils ont fait un truc pas très grave mais ça fait 24 h qu’ils sont en cellule et interrogés.
Imagine-toi te dire un truc pas très grave et ils sont en garde à vue.
Ce coup de téléphone nous embrouille.
Mais pourquoi ils n’ont pas téléphoné, eh bien l’officier de police avancent encore qu’ils ne voulaient pas nous déranger. Merci les gars.
Donc il n’y a plus rien à faire on attend. Il reprend son train dans quelques heures et on attend.
Finalement, on ne parlera de rien, de toute façon un autre sujet s’impose, qu’est ce qu’ils foutent au commissariat.
16h, deux heures avant de prendre son train, il arrive.
30 heures en garde à vue pourquoi ?
Imagine donc une histoire toute bête totalement ordinaire.
Imagine trois copains qui ne se sont pas vus depuis longtemps, ils parlent, ils boivent, et reparlent et reboivent. Il paraît qu’on est le pays où l’on fait la fête et c’est même pour ça qu’on nous tue.
Mais là, plus question de ça…
Donc, ils boivent, ils sont saouls sans doute et ils ne pensent qu’au rôti de porc qui les attend à la maison.
Ils se dirigent vers le rôti déjà se demandant avec quoi ils vont le manger, moutarde, moutarde aromatique, mayonnaise ou tout simplement allongé dans une baguette de pain…
Ils passent devant une place devant un marché, fermé à cette heure et là ils voient une poubelle en feu. Ils sont tellement saouls qu’ils font un truc absolument incroyable (au WISC 4 tu prends un point si tu réponds à la question que faut-il faire si tu vois un truc flamber dans la rue, tu réponds ; appeler les pompiers), donc ils font un truc incroyable. Imagine, un truc tellement dingue qu’il faut être fin saoul pour faire un truc pareil, ils appellent les pompiers. Et là commencent les ennuis.
Imagine, tu vois un feu, t’appelles les pompiers, complètement irrationnel.
Tu vois un feu, tu te casses un point c’est tout.
Imagine donc, ils appellent les pompiers qui n’ont sans doute qu’une urgence, c’est d’appeler la police.
Normal, tu serais pompier, toi celui qui imagines, tu ne ferais pas ça, c’est pour ça que t’es pas pompier. Là, on n’est pas au cœur de la cité la plus inviolable, on est au centre ville.
Donc, il s’apprête à rejoindre le rôti quand ils sont arrêtés pour avoir mis le feu aux poubelles.
Là, tu commences à ne plus imaginer et à être au cœur du problème. Un flagrant délit, mais un peu étrange, puisqu’ils n’ont pas allumé ce feu, ce que les caméras de surveillance prouveront.
Et là, le dérapage, les jeunes restent très calmes, ils sont tout de même bourrés et ils n’ont pas le bourrage agressif, ce qui est une grande qualité mais ils ne veulent pas reconnaître ce qu’ils n’ont pas fait. Ils n’ont pas brûlé cette poubelle donc ils en ont brûlé une autre dans un endroit où il n’y pas de caméra de surveillance. Je ne suis pas en train de justifier les caméras de surveillance, mais bien de montrer que ça ne sert à rien, même si c’est pas toi, c’est quand même toi, à côté, là où on voit plus.
Alors, ils en ont brûlé une autre. Il y a même une preuve, ils ont un briquet et qu’est ce qu’on fait quand on a un briquet parce qu’on fume des cigarettes, eh bien on allume une poubelle. Vous les fumeurs, vous n’avez jamais pensé être aussi dangereux… et encore une chance que ce ne soit pas un Zippo sinon, on aurait pu dire qu’ils étaient en possession de quelques cocktails molotoff. Il y a toujours trop de preuves semble-t-il.
Simple non, le travail d’enquêteur.
Donc, les jeunes bien que fin saouls au bord de la syncope, dit l’équipe enquêtrice, les jeunes n’en démordent pas, et en plus ils répètent, on n’a rien fait, on a 25 ans, l’un d’entre nous habitent à côté, ils n’ont aucune raison de mettre le feu à une poubelle à deux porches de chez eux et du rôti.
Et là, la sagacité de l’enquêteur se met en marche, vous n’aviez aucune raison ; certes mais de voir ce feu, ça vous a donné l’idée d’en faire un autre. Évident, non, digne d’une déduction de Holmes mais version école maternelle.
De toute façon rien n’y fait. Ils ont vu, ces jeunes préparer les cartons et y mettre le feu. Enfin, ils ont vu ? Pas tout à fait, il a vu. Sur une patrouille de 4 forces de l’ordre ou gardien de la paix (j’adore la pronomination, une spécialité de Giscard d’Estaing quand il était président ; les forces de l’ordre, la peine capitale, le président sortant) donc sur une patrouille de 4 seul un a vu la préparation et l’incendie. On serait tenté de demander mais que pouvait bien regarder les autres mais nous ne le ferons pas parce que nous ne faisons pas d’enquête. Nous imaginons simplement un scénario improbable, qui ne peut se passer hic e nunc.
Toujours est-il qu’il les a vus tel un David Vincent à l’affut du moindre feu de poubelle.
Vous vous rappelez David Vincent.
Donc il les a vus avec leur petit droit relevé mettre le feu à la poubelle. Résultat passent en procès en décembre.
Donc voilà, ce que je pourrais faire si j’avais de l’imagination mais je n’en ai pas alors je me sers de ce qui arrive dans le monde qui nous entoure et vous savez que le monde se dissout en faits et que le monde est tout ce qui arrive, le titre de cette émission.
Si j’avais de l’imagination, je me dis qu’on est en présence d’une action policière contre des blancs propres enfin, assez propres, mon fils n’a pas une gueule à porter son nom tout comme moi d’ailleurs, et comme ils ne sont pas soumis à cette violence, ils sont restés calmes et patients (aujourd’hui, ils le sont moins, ils ont perdu 30 heures de vie pour rien).
Sans aucune imagination, imagine-toi légèrement beurre et que c’est la cinquième fois que tu te retrouves à montrer tes papiers, à être fouillés… Je connais ça, j’ai vécu sous Giscard les opérations coup de poing, tous les soirs, fouillés, avec les mêmes questions insensées. Voilà, mais il paraît qu’il ne faut pas dire des choses pareilles qui pourraient passer pour de la justification, une sorte de délire sociologique. Cazenave s’y connaît en ça lui, et même valls et même une bonne partie des représentants.
A l’origine il y avait le projet d’une émission autour de la théorie du complot dont il faudrait se méfier, la stratégie de l’émotion en politique dont il ne faudrait pas se méfier et comment la liberté se musèle à force de sécurité, mais non dirait Cazeneuve, vous n’y comprenez rien, vous avez encore lu ça dans le petit Bessin illustré.
Je vous rappelle ce que Maître Cazeneuve qualifie une juste opinion éclairée et qui fait que s’il doute de la presse, nous nous doutons des ministres et surtout de l’intérieur qui en général font leur nid pour d’autres desseins.
Donc il s’agissait de faire une émission sur la faillite démocratique et une pratique politique que je qualifierai de « l’occasion fait le larron ».
Mais je n’en dirais que quelques mots, parce que ce qui se passe un peu partout dans le monde et même à côté de chez nous, ça s’appelle l’abus de pouvoir et c’est difficile pour nous qui ne disputons pas les dérisoires bénéfices du pouvoir petit ou grand et nous qui ne représentons que nous-mêmes et dont la voix a autant d’importance qu’un feu de poubelle de se coltiner cet abus permanent.
Alors voilà , d’abord poser le contexte et rien de mieux pour mois d’utiliser ces blockbusters américains où à chaque fois des scénaristes arrivent à glisser leurs inquiétudes ou leurs analyses anar dans les scénarios mes plus improbables avec des héros quasi fascistes mais honnêtes et méfiants à l’égard du pouvoir, voir les die hart avec Bruce Willis, on casse tout mais finalement , on a nos petits problèmes quotidiens et on gagne à tout cassé 30000$ par an et la maison est même pas payé et ça n’empêcha pas la petite de faire une crise d’adolescence…
Ce qui est fort dans ces quelques répliques décoiffantes de certains super héros, c’est qu’on ne s’y attend pas et que le méchant joué toujours par un acteur à contre emploi entend dominer le monde, mais pour notre bonheur, vous savez, on nos ressert ça souvent, ça va mieux mais vous ne vous en rendez pas compte et le fait qu’il y ait plus de moyens pour la sécurité ne devrait pas nous rassurer.
Bien c’est sûr, tout ça c’est pour notre bien.
Pardonnez-moi de ne pas être précis et de reprendre tous les tenants des nouvelles lois, états d’urgence en tout genre et des moyens qui ne peuvent résoudre que le court terme mais le court terme ça peut durer longtemps, et le court terme, c’est bon électoralement. Donc, allez, on y va, un film de 1998, de Edward Zwick avec Denzel Washington, Bruce Willis en militaire bien trempé. ÇA S’APPELLE COUVRE FEU, le contrôle au faciès y est légèrement exacerbé, vous allez voir et on n’est pas si loin de tout ça et le raisonnement est simple digne d’un commissaire Zemmour…

Super, non, ça ne vous rappelle rien dans l’histoire et dans l’actualité.

Ensuite, il y a les moyens.
On a commencé à venir chercher les gens dans leurs chiottes avec des missiles et maintenant, on essaie de savoir ce qu’ils vont faire dans l’avenir. Ça a l’ai r bien l’avenir alors deux déclinaisons. Croisons plus que les regards, les informations et on aura une chance de déterminer qui sera terroriste, surtout qui sera accusé à tort d’avoir brûlé une poubelle. Ça vaut combien une poubelle, bordel de merde.

Et puis à prévoir, il vaut mieux aller dans le sens de la machine infernale, comme dans Dr folamour. Si pour que la majorité des gens vivent en paix, il faut en éliminer un certain nombre, ce n’est pas si grave. En effet, l’état du monde est une résultante de cette politique, on finira bien par éliminer tous les fâcheux et bien non, ça ne marche pas mais ce qui est le pire c’est que ça va continuer.
Alors bien sûr, face au problème du train
S’il est juste de dévier un train pour qu’il écrase une personne à la place de cinq, pourquoi n’est-il pas aussi justifiable de pousser un passant sous le train pour sauver les cinq mêmes personnes ?

Ben, nous on a l’armée, les drones et toute cette sorte de choses comme déviation. Quand je dis nous, c’est simplement une figure de style.

Alors tout ça, il fait que ce soit sous tendu par une philosophie de comptoir certes mais une philosophie, donc dans le film captain america, elle est déclinée comme un complot d’une organisation souterraine qui ne veut que notre bonheur.
Comme captain america est un héros de la deuxième guerre mondiale et qui survit, on ne sait trop pourquoi, il y ait fait référence au nazisme et à une organisation secrète l’Hydra qui met en place le nazisme pour le bonheur des hommes et voilà ce qu’il advint

Et la petite bête dans son ordinateur continue et dit ce qu’ils ont compris de cet échec et ce qu’il faut faire. Attiser tous les conflits, mettre de l’huile sur le feu tout le temps pour maintenir la peur à un haut niveau d’intensité et ainsi, on peut vaincre.

Alors pas si bête le type derrière ses manettes, il ne croit pas aux théories du complot ou s’il y a complot, ce n’est que pour l’argent parce qu’il semble qu’être riche, c’est le pied, je sais pas, j’ai pas essayé. Donc pas de théorie du complot, bien qu’à voir comment on s’ingénie à jeter de l’huile sur le feu de toute confrontation, on pourrait se poser des questions, pas de complot mais l’effet l’occasion fait le larron.
Puisque pour un élu, sa seule raison politique est d’être élu et ré-&élu et bien après l’âge de la retraite, il faut donc profiter de l’occasion pour trouver de quoi convaincre. Bien entendu, ce n’est pas dans le plus de liberté (en tout cas si vous n’êtes pas un patron,), c’est donc en général des faits de société bien relayés par la presse sur lequel une réponse sécuritaire paraît évidents. Bien sûr, tout le monde sait qu’elle ne résout rien mais ça fait gagner du temps et quand on a un mandat ça dure déjà assez longtemps. Donc voilà un commentaire anti parlementaire qui me fera passer pour un populiste de base mais ceux qui utilisent l’émotion comme stratégie politique sont certainement ceux qui sont les plus proches des populistes.
Et la presse nous prépare ça avec des titres en boucle dont on ne sait pas toujours à quoi ils correspondent et où ça se passe et créée l’occasion pour les hommes à élection.
Prenez par exemple la buraliste qui fait fuir le voleur, ça fait deux ou trois fois à deux semaines d’intervalle que s’est posé sur le portail orange de même que des séquences qui montrent que la police travaille bien pour la population. Et à première vue ça marche, alors pourquoi se priver.
Ce jeu là parait bien dérisoire et puis ça ne fait pas progresser et ça ne construit pas d’un avenir radieux où nous serions tous frères. Ya des moments, je dérape sérieusement, c’est mon goût immodéré pour l’alcool, faut pas que je sorte ce soi sinon, je vais cramer une poubelle.
Retenez-moi, sinon je la crame…



Commentaires

  • Le 11 mai 2016 à 12h14

    on compatit.


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