François Leroy s’expose à canal sud en juin

publié le 10 juin 2016, par bidonfumant |

Vernissage le vendredi 3 juin à 19h

François Leroy est calligraphe : il trace des lettres, il file l’écriture au pinceau. Une ligne plutôt claire, assurée, à main levée. C’est là le talent du peintre : sa main est habile, habituée, éduquée. (SM juin 2015)

Entretien avec François Leroy réalisé à canal sud le jour du vernissage le 3 juin 2016

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François Leroy est calligraphe : il trace des lettres, il file l’écriture au pinceau. Une ligne plutôt claire, assurée, à main levée. C’est là le talent du peintre : sa main est habile, habituée, éduquée. Une régularité vivante : la régularité du végétal. Cette régularité souple des formes qui se reproduisent à l’identique, dans le mouvement, l’élan de la vie / le geste de la main. Il ne s’y trouve rien de raide, ni dans la courbe, ni dans le trait. Ce n’est pas l’écriture rigide et sclérosée des capitales, mais l’épanouissement de formes d’une régularité libre, qui n’est pas celle de la machine, de la presse mécanique et du métal. C’est la souplesse dans la régularité : « le plus souple en ce monde / prime le plus rigide » (Lao Tzeu, La Voie et sa vertu, § 43) Justesse et précision de la main : sans l’aide ni la gouverne d’aucun instrument.
L’écriture occupe l’espace, elle se dissémine, François Leroy travaille « à la manière d’un joueur de go ». Il avance pied à pied, en essayant de circonvenir le vide. Lorsque l’écriture court et se courbe, les boucles des lettres capturent le vide d’où semble naître le sens. Des pleins et des déliés. La lettre entre en harmonie avec l’espace où elle se déploie, comme le faisait remarquer Valéry à propos du Coup de Dés de Mallarmé :

« Une page, dans son système, doit, s’adressant au coup d’oeil qui précède et enveloppe la lecture, “intimer” le mouvement de la composition ; faire pressentir, par une sorte d’intuition matérielle, par une harmonie préétablie entre nos divers modes de perception, ou entre les différences de marche de nos sens, ce qui va se produire pour l’intelligence. » ( Variété, II )

Et Mallarmé, dans une lettre à Gide :

« La constellation y affectera, d’après des lois exactes, et autant qu’il est permis à un texte imprimé, fatalement une allure de constellation. »

Ces deux poètes poursuivent l’idéal, chacun sur son propre chemin, de restaurer l’unité parfaite du fond et de la forme, l’unité de la lecture et de la vision, de la pensée et de la matière, ou encore de l’esprit et de la lettre. Il y a aussi une tentative de ce genre, à ce qu’il me semble, dans les œuvres de François Leroy, mais sans la solennité minutieuse d’un Mallarmé, ni la préciosité hautaine d’un Valéry. Ce qui est davantage à mon goût.





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